Le Collectif Isérois pour le Retrait de Base Élèves (CIRBE)

Pour le retrait de Base Elèves ! Contre le fichage à l'école.

Blog national : http://retraitbaseeleves.wordpress.com/

Posted by baseeleves38 sur 5 janvier 2009

Suite à la demande de plusieurs parents souhaitant participer aux actions en justice initiées par le CNRBE, le CIRBE prépare un nouveau dépôt de plaintes qui aura lieu le 19 mai 2010 au TGI de Grenoble, lors de la journée nationale de dépôt de plaintes. Si vous souhaitez aussi déposer une plainte contre Base élèves, merci de contacter le CIRBE.

Les directeurs d’école sanctionnés ou en instance de l’être pour refus d’utiliser Base Elèves (à la date du 14 mars 2010)

- Isabelle Huchard, Hérault, blâme le 2 avril 2009, retrait de la fonction de directrice le 27 août 2009.
- Jean Yves Le Gall, Isère , retrait de la fonction de directeur le 29 mai 2009, muté d’office le 1er septembre 2009.
- Bastien Cazals, Hérault, blâme le 7 juillet 2009, retrait de la fonction de directeur le 27 août 2009.
- François de Lillo, Ariège, retrait de la fonction de directeur le 31 août 2009, muté d’office le 1er septembre 2009
- Claudia Chiaramonti, Vaucluse, blâme le 16 décembre 2009.
- Colin Sanchez, Vaucluse, annonce d’un blâme le 21 décembre 2009.
- Laurence Boulanger, Oise, menacée de retrait de sa fonction de directrice lors d’’une convocation à l’Inspection Académique le 11 janvier 2010.
- Claude Didier, Isère, procédure en cours de retrait de la fonction de directeur,convoqué par l’Inspection Académique le 25 janvier 2010.
- Patricia Arthaud, Isère, procédure en cours de retrait de la fonction de directeur, convoquée par l’Inspection Académique le 26 janvier 2010.

Convention relative aux droits de l'Enfant

- Rémi Riallan, Isère, procédure en cours de retrait de la fonction de directeur, convoqué par l’Inspection Académique le 28 janvier 2010.
- Elisabeth Heurtier, Isère, procédure en cours de retrait de la fonction de directeur, convoquée par l’Inspection Académique le 8 février 2010.
- Michel Duckit, Isère, procédure en cours de retrait de la fonction de directeur, convoqué par l’Inspection Académique le 9 février 2010.

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Appel au boycott du livret scolaire unique numérique (LSUN)

Posted by baseeleves38 sur 18 mai 2017

Dernières info

Mai 2017Tract inter LSUN-V5-mai 2017

Appel au boycott du livret scolaire unique numérique (LSUN)

NON au fichage généralisé des élèves !
NON au déterminisme et au contrôle social !
NON au formatage pédagogique !
NON à un outil chronophage et à la logique du management dans l’éducation !

 

Il nous faut réagir, c’est pourquoi nous, réunis en intersyndicale le 3 mai 2017, lançons un appel :

  • Au boycott du LSUN pour toutes les classes et à ne remplir que le minimum pour les 3ème dans l’intérêt des élèves (brevet et orientation)
  • A s’informer et informer les parents d’élèves sur les dangers du dispositif LSUN
  • A agir le plus collectivement possible afin de construire un rapport de force faisant échec à ce dispositif dangereux.

Nous soutiendrons toute initiative qui s’inscrira dans une démarche de résistance (communiqué ou motions en conseil d’école, infos aux parents, remplir tout « satisfaisant » pour les profs….). Faites-nous connaître les actions et les initiatives que vous prendrez dans ce sens. Nos organisations réagiront évidemment face à l’administration si elle use de menaces. Contactez-nous si vous subissez des pressions de la hiérarchie ! Ne restez pas isolé-e-s !

Il nous faut profiter de la mise en place chaotique de cette année pour agir afin d’obtenir le retrait de ce fichier.

Texte complet de l’appel au boycott du LSUN à télécharger ici sous format pdf (tract 2 pages) : Tract inter LSUN-mai 2017-V5

Premiers signataires (mise à jour du 18 mai 2017) : CIRBE, CGT Educ’action 38, CNT 38, Ecole Emancipée, PAS-UDAS 38, SUD Education Grenoble, IDEM.

TOUTE ORGANISATION LOCALE, DÉPARTEMENTALE, RÉGIONALE OU NATIONALE (SYNDICAT ENSEIGNANT, FÉDÉRATION DE PARENTS D’ÉLÈVES, ASSOCIATION…) SOUHAITANT SIGNER CET APPEL, EST INVITÉE À NOUS
CONTACTER. NOUS LA RAJOUTERONS À LA LISTE DES SIGNATAIRES.

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Rassemblement le mercredi 31 mars à 17h devant l’Inspection Académique de l’Isère pour soutenir Claude Didier et Rémi Riallan

Posted by baseeleves38 sur 29 mars 2010

Source:

– http://retraitbaseeleves.wordpress.com/2010/03/29/rassemblement-pour-soutenir-claude-et-remi/

soutien-claudemichel310310

Rassemblement mercredit 31 mars à 17h, Inspection académique de l’Isère , 1 rue Joseph Chanrion

Menaces et sanctions vont de pair avec la politique de fichage et de pilotage absurde.

Ce qui échoue dans les entreprises est transposé avec désastre dans l’éducation nationale et le service public.

L’Inspectrice d’académie de l’Isère veut retirer la direction à deux enseignants qui obéissent à la Convention internationale des droits de l’enfant en refusant de ficher leurs élèves, bien que considérés comme des défenseurs des droits de l’homme par une instance des Nations Unies.

Le 10 décembre 2009, une intervention de la Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, du Rapporteur spécial sur le droit à l’éducation et du Rapporteur spécial sur les droits de l’homme des migrants vient en soutien aux directeurs de l’Isère. Cette lettre est révélée dans un rapport publié ce 12 mars 2010 où la Rapporteuse « exhorte le gouvernement français à répondre au plus vite aux craintes exprimées» que les sanctions et menaces de sanctions « soient liées à leurs activités non violentes de protection et de promotion des droits de l’homme, notamment du droit au respect de la vie privée. »

Le 19 mars, l’Inspectrice prend connaissance de ce rapport transmis par des syndicats enseignants de l’Isère SNUipp-FSU Isère, PAS, le Collectif base élèves et la Fédération de l’Isère de la Ligue des droits de l’homme.
Véritable affront aux Nations Unies, à la profession et aux droits de l’homme, le 22 mars, l’Inspectrice ajoute à l’ordre du jour de la commission du 26 mars, le retrait de fonction des deux directeurs d’école, Claude Didier de l’école de Prunières et Rémi Riallan de l’école de Séchilienne. Tous les représentants du personnel refusent de siéger.

L’inspectrice convoque une nouvelle commission le 30 mars, refusant toujours de répondre à l’exhortation d’une haute instance des Nations Unies qui lui demande de retirer ses sanctions et ses menaces.
Rappelons que la France n’avait déjà pas répondu aux recommandations du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies du 11 juin 2009 concernant les fichiers des enfants malgré les nombreuses interventions de parlementaires et d’associations.

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Nous vous invitons également à manifester votre soutien aux directeurs refusant Base élèves, en envoyant le message ci-dessous à l’Inspectrice
d’Académie de l’Isère. Adresses pour poster :


Madame l’Inspectrice d’Académie,

Il semblerait que, ce 30 mars, vous vouliez consulter la CAPD de l’Isère sur
le retrait d’emploi de direction de deux directeurs d’école de l’Isère qui
refusent de ficher leurs élèves, Claude Didier et Rémi Riallan.

Or, le 10 décembre 2009 une intervention de la Rapporteuse spéciale, d’un
Rapporteur au droit à l’Education et d’un rapporteur des droits de l’homme
des migrants de l’ONU est venue en soutien aux directeurs de l’Isère. Cette
lettre est révélée dans un rapport publié ce 12 mars où la Rapporteuse
*« exhorte
le gouvernement français de répondre au plus vite  aux craintes
exprimées»*que
les sanctions et menaces de sanctions *« soient liées à leurs activités non
violentes de protection et de promotion des droits de l’homme, notamment du
droit au respect de la vie privée. »*

*Ils sont donc considérés par une instance des Nations Unies comme des
défenseurs des droits de l’homme.*

D’autre part nous vous rappelons que le Conseil d’Etat doit bientôt se
prononcer sur la légalité de Base Elèves et que de nombreuses demandes à
surseoir vous ont été adressées.

C’est pourquoi nous vous demandons instamment de renoncer à toute sanction
contre les directeurs qui refusent encore Base Elèves et de ne pas retirer
l’emploi de direction à ces deux enseignants.

Signature :

—————————————————————————————————————

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Lettre de soutien des parents d’élèves à Claude Didier et Rémi Riallan défenseurs des droits de l’enfant

Posted by baseeleves38 sur 27 mars 2010

Mesdames, Messieurs,

Nous avons été profondément choqué(e)s d’apprendre que la Commission Administrative Paritaire Départementale du 26 mars 2010 traiterait du retrait de la fonction de poste de directeur à l’encontre de 2 directeurs : Claude Didier, directeur de l’école de Prunières et Rémi Riallan, directeur de l’école de Séchilienne.

En tant que parents, nous avons tenté à de nombreuses reprises de faire valoir notre autorité parentale et nous avons signifié clairement que nous refusions que des données nominatives sensibles concernant nos enfants sortent de l’école.

Depuis le début de la mise en œuvre du ficher Base-Elèves 1er Degré (BE1D), nous n’avons eu de cesse de souligner les dérives de l’utilisation abusive d’un fichage généralisé et systématique et nous revendiquons toujours notre droit d’opposition.

Des lettres de refus individuel, des pétitions, des motions en Conseil d’école, des rassemblements de protestation lors des formations des directeurs à l’utilisation du logiciel servant à alimenter BE1D, des manifestations : les parents ont exprimé leur refus à travers de nombreux moyens, en Isère mais aussi dans beaucoup d’autres départements.

Malgré cela, l’Administration ne nous entend pas. Certain(e)s d’entre nous ont néanmoins continué à résister en portant plainte contre X (environ 1800 plaintes de parents d’élèves au niveau national).

Nous tenons à vous dire notre incompréhension et notre colère lorsque nous apprenons que des directeurs qui prennent en considération la voix des parents et choisissent de protéger nos enfants en refusant de les ficher, puissent faire l’objet de pressions ou de sanctions pouvant aller, dans ce cas, jusqu’à la perte de leur fonction de directeur.

Il nous parât donc de notre responsabilité de parents et de citoyens soucieux du respect du droit national et supranational d’attirer votre attention sur les irrégularités constatées dans le déploiement du fichier Base-Elèves :

  • L’absence d’information aux parents sur le fait que les données nominatives concernant leur(s) enfant(s) qu’ils confient à l’école (fiche de renseignements) sont versées dans une base de données accessible en ligne et interconnectée à la Base Nationale des Identifiants Elèves (BNIE) dont les données sont conservées pendant 35 ans.
  • L’existence même de la BNIE échappe à la connaissance des parents.
  • Le droit d’opposition (loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1976) n’est pas reconnu aux parents.
  • Le Comité des Droits de l’Enfant de l’ONU dans ses conclusions de juillet 2009 signale au gouvernement français que BE1D enfreint la Convention Internationale des Droits de l’Enfant dont la France est pourtant signataire.
  • Le statut de « défenseur » des droits de l’enfant a été accordé aux directeurs et directrices qui refusent en conscience BE1D.

Le Collectif National pour le Retrait de Base-Elèves a interpellé les députés et sénateurs, qui eux-mêmes ont interpellé le Ministre de l’Education Nationale. Le cadre du vote de la Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure dit LOPPSI ou encore la campagne des Régionales a permis également à nos élus de se mobiliser pour le respect du droit.

Lors de son dernier Congrès National en juin 2009, la FCPE nationale avait, pour la deuxième année consécutive, adopté une motion pour protester contre le fichage des enfants.

L’ampleur de la mobilisation plaide en faveur du respect du principe démocratique.

C’est pourquoi nous vous demandons d’abandonner toute mesure disciplinaire à l’encontre de M. Claude Didier et M. Rémi Riallan.

Nous vous prions de croire, Mesdames, Messieurs, en l’expression de nos salutations sincères.

Signataires :

  • Le CIRBE
  • Le Conseil local FCPE Nicolas Chorier (Grenoble

La lettre

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Le retrait de fonction se précise pour Rémi Rillian (Séchilienne) et Claude Didier (Prunières)

Posted by baseeleves38 sur 27 mars 2010

Source: http://retraitbaseeleves.wordpress.com/2010/03/25/isere-le-retrait-de-fonction-se-precise-pour-deux-directeurs/

CNRBE, 25 mars 2010. — Après les recommandations du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies de juin dernier, un récent rapport du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies donne une fois de plus raison aux directeurs qui refusent de remplir Base élèves. Outre les nombreuses craintes exprimées à l’encontre de Base élèves, ce rapport confère le statut de défenseurs des droits de l’homme aux cinq directeurs d’école isérois qui refusent de remplir ce fichier.

Au mépris de cette instance internationale et sans attendre la réponse — qui tarde à venir — du gouvernement français au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, l’Inspectrice d’Académie de l’Isère a ajouté à l’ordre du jour, quatre jours avant la commission paritaire (CAPD) qui aura lieu ce vendredi 26 mars, le retrait de fonction de directeurs de Claude Didier (école de Prunières) et Rémi Riallan (école de Séchilienne), qui refusent toujours de ficher les enfants de leurs écoles dans Base Elèves.

Informations supplémentaires sur la situation de ces 5 directeurs dans notre page Isère. Lire aussi un tract de janvier 2010.

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Le CNRBE appelle à participer à une journée nationale d’action contre le fichage des enfants le samedi 27 mars 2010

Posted by baseeleves38 sur 23 mars 2010

Le CNRBE appelle à participer à une journée nationale d’action contre le fichage des enfants le samedi 27 mars 2010. Il invite parents, enseignants, citoyens, collectifs locaux, syndicats, associations à s’emparer de cette journée afin d’organiser toutes sortes d’actions, de manifestations, de réunions publiques, de débats, de soirées de soutien.

À cette occasion, le CNRBE a édité un nouveau support pour diffuser l’information : le dépliant Nos enfants sont fichés dès 3 ans et pour 35 ans.

Cette journée pourra notamment permettre :
– d’informer sur la nouvelle campagne de dépôt de plaintes organisée par le CNRBE le vendredi 19 mai 2010.
– de récolter des fonds pour la caisse de solidarité du CNRBE.
– de créer de nouveaux collectifs contre Base élèves regroupant parents, enseignants et citoyens.
– de soutenir les directeurs actuellement menacés par l’Inspection Académique, en rappelant les dernières recommandations du Comité des Droits de l’Enfant des Nations Unies concernant Base élèves et le récent rapport présenté au Conseil des Droits de l’Homme par la Représentante du Secrétaire Général des Nations Unies sur la situation des Défenseurs des droits de l’homme dans le monde, qui confère aux directeurs qui refusent Base élèves le statut de défenseurs des droits de l’homme menacés en raison de leurs activités en faveur des droits de l’enfant.
– d’informer les Inspections Académiques de la parution de ce rapport.
– de lancer une campagne d’information concernant Sconet et les dangers du nouveau « Livret de compétence tout au long de la vie » expérimenté par le Ministère de l’Education Nationale depuis janvier 2010.
– de sensibiliser au développement du fichage, de la surveillance (vidéosurveillance, systèmes biométriques) et à la banalisation de l’utilisation des données personnelles à l’école.

Le Collectif Isérois pour le Retrait de Base Élèves
Collectif National de Résistance à Base Élèves
Site : http://retraitbaseeleves.wordpress.com

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Soutien aux directeurs refusant Base élèves : rassemblement et conférence de presse mercredi 24 mars 2010 à 14 h

Posted by baseeleves38 sur 23 mars 2010

Les syndicats d’enseignants du premier degré, SNUIPP-FSU 38, PAS-UDAS 38, SUD Education, la Fédération de l’Isère de la Ligue des Droits de l’Homme et le Collectif Isérois pour le Retrait de Base Elèves,invitent les parents, enseignants, citoyens, collectifs locaux, syndicats, associations, à se rassembler massivement en

soutien aux directeurs refusant Base élèves

CONFERENCE DE PRESSE

Mercredi 24 mars à 14 h

à la Maison des associations de Grenoble

Rue Berthe de Boissieux (salle des conférences)

VENEZ NOMBREUX !

Mardi 22 mars 2010,

Après les recommandations du Comité des droits de l’enfant de l’ONU de juin dernier, un récent rapport du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies donne une fois de plus raison aux directeurs qui refusent de remplir Base élèves.

Outre les nombreuses craintes exprimés à l’encontre de Base élèves, ce rapport confère le statut de défenseurs des droits de l’homme aux cinq directeurs d’école isérois qui refusent de remplir ce fichier, ainsi qu’à Jean-Yves Le Gall, démis de sa fonction de directeur et muté d’office l’an passé pour les mêmes raisons.

Suite à la publication de ce rapport, le SNUipp-FSU 38, le PAS 38, le CIRBE et la LDH 38 ont immédiatement adressé, le 18 mars 2010, une demande conjointe à l’Inspectrice d’Académie de l’Isère (1) pour que soient levées les sanctions et les nouvelles menaces de sanctions concernant les directeurs isérois refusant Base élèves et (2) pour que les remontées des données concernant les élèves soient à nouveau uniquement chiffrées.

Ce matin, nous avons appris la mise à l’ordre du jour de la CAPD de vendredi prochain, 26 mars 2010, le retrait d’emploi de Claude Didier (école de Prunières) et de Rémi Riallan (école de Séchilienne) dans les questions diverses.

Nous vous invitons donc tous à soutenir massivement les directeurs isérois qui refusent encore de remplir le fichier Base élèves et à montrer votre opposition toujours aussi forte à Base élèves en participant à la conférence de presse organisée mercredi 24 mars à 14 heures à la Maison des associations de Grenoble (salle des conférences).

On ne fiche pas les enfants !

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5 directeurs résistants à Base élèves convoqués par l’Inspectrice d’académie de l’Isère le 25 janvier 2010 !

Posted by baseeleves38 sur 25 janvier 2010

Après le retrait d’emploi de direction et la mutation d’office de Jean-Yves Le Gall l’année dernière, malgré les milliers de plaintes déjà déposées par des parents dans toute la France,

malgré les nombreuses irrégularités qui entourent Base élèves, malgré les recommandations du Comité des droits de l’enfants de l’ONU, l’Inspectrice d’Académie de

l’Isère sanctionne toujours les directeurs résistants à Base Elèves:

  • jusqu’à 11 journées de salaire retirées à plusieurs directrices et directeurs d’écoles (5 journées retirées pour le seul mois de décembre),
  • menaces de retrait d’emploi de direction,
  • menaces de mutation d’office,

Aujourd’hui, ce sont 5 directeurs qui sont convoqués par l’Inspectrice d’Académie de l’Isère parce qu’ils refusent toujours de remplir Base élèves. En octobre 2009, des Inspecteurs de circonscription de l’Education nationale de l’Isère leur avaient remis en main propre une drôle de missive : l’Inspectrice d’académie de l’Isère leur demandait de saisir leurs élèves dans Base élèves durant toute la semaine du 19 au 23 octobre 2009 -une durée inédite- pour leur annoncer une retenue de cinq journées de salaire en cas de refus et les menacer de retrait d’emploi de direction. Il s’agissait des écoles de Séchilienne, Prunières, La Morte, Montagne et St Gervais.


NOUS DEMANDONS AVEC FORCE L’ARRÊT DES MENACES ET DES SANCTIONS !


Pourquoi des directeurs refusent-ils toujours Base élèves ?
L’école, un lieu tout désigné pour formater la jeunesse et les familles à l’e-administration et au contrôle :
A travers Base élèves et sa face cachée, la Base Nationale des Identifiants Elèves (BNIE), le Ministère de l’éducation nationale impose depuis plus de 5 ans, le fichage obligatoire de tous les enfants à l’école avec une nouvelle immatriculation dès 3 ans et pour 35 ans, servant à la fois le contrôle social et le tracé des compétences.

Des atteintes aux droits à la vie privée, au « droit à l’oubli de plus en plus nombreuses :
Multiplication des fichiers, interconnexions, utilisations des données personnelles dans les Environnements Numériques de Travail (absences, notes, sanctions, livret de compétences électronique…), fragilité des systèmes via internet, marché des données personnelles, profilage par e-learning, décision automatique,… on ne compte plus déjà les atteintes à la vie privée et au « droit à l’oubli » !

L’interconnexion des fichiers de l’Éducation Nationale, de la Police, de Pôle-Emploi, des services sociaux et des mairies, notamment pour les jeunes « décrocheurs » est déjà effective.

Base élèves est déjà utilisée pour la recherche automatique d’enfants.

Base élèves est déjà utilisée pour traquer les familles de sans papiers.

Au moment même où se vote le projet de loi Warsmann ouvrant la voie à l’interconnexion des fichiers administratifs et où vient d’être publiée une circulaire de l’Education nationale débutant l’expérimentation d’un nouveau livret de compétences (voir encadré ci-dessous) mettant en œuvre l’un des plus terrifiants fichage des individus dans et hors le système scolaire, le refus des directeurs de remplir Base élèves prend une nouvelle dimension.

A travers la résistance à Base élèves, il ne s’agit pas simplement de s’opposer à ce que l’école collecte et enregistre dans son fichier des données relatives aux enfants, mais de s’opposer à la mise en place d’une société nouvelle, où chacun sera immatriculé, fiché, catalogué, classé, profilé, tracé, depuis son plus jeune âge et tout au long de sa vie.

Une telle société ne se peut se mettre en place que si elle est servie par des fonctionnaires zélés et obéissants.

C’est probablement pour cette raison que l’administration menace et sanctionne actuellement aussi durement tous ceux qui s’élèvent contre ce nouveau fichage de l’individu.


Le Collectif Isérois pour le Retrait de Base Élèves
Collectif National de Résistance à Base Élèves
Site : http://retraitbaseeleves.wordpress.com

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Lettre ouverte de Claude Didier directeur d’école et défenseur des droits de l’enfant

Posted by baseeleves38 sur 25 janvier 2010

Source: http://sauvons-lecole.over-blog.com/article-base-eleve-lettre-ouverte-d-un-directeur-44755509.html

Pourquoi je ne renseignerai pas base élèves.

Lettre ouverte de Claude Didier, directeur de l’école élémentaire de Prunières à sa hiérarchie, lue par lui lors de sa convocation à l’Inspection Académique, en Isère, le lundi 25 janvier 2010.

J’ai choisi le métier d’enseignant pour les missions éducatives et pour viser les progrès de tous les élèves, pas pour devenir un agent de transmission numérique de données sensibles.

J’ai choisi d’être directeur pour mieux travailler en équipe, au service des apprentissages, de l’épanouissement des élèves et du bon fonctionnement de l’école, pas pour devenir, par clé OTP interposée, un organe hiérarchisé de cette transmission.

Enseignant, directeur, je le suis pour les valeurs républicaines et humanistes. Je contribue à inculquer aux élèves de mon école le respect des autres et le respect de la loi. Mes élèves contribuent à élaborer les déclinaisons des lois de la classe et de l’école. Ils sont associés à la résolution des conflits. Je les considère d’abord comme les futurs citoyens qu’ils sont.

Jamais consultés. Je ne comprends pas pourquoi ce qui est au cœur du vivre ensemble à l’école devient soudain étranger à la conception des rapports professionnels au sein de l’Éducation Nationale. Les enseignants n’ont jamais été consultés sur le fichage des élèves ; aucun lieu de débat n’a été envisagé pour discuter de Base Élèves. Aucun débat dans la société sur le fichage des enfants n’a précédé la mise en oeuvre de Base Élèves.

Violences policières. J’ai été témoin, en tant que militant syndical puis en tant que directeur d’école, de violences policières exercées à l’encontre de parents et grands parents d’élèves, d’élus, de citoyens, venus exprimer leur opposition à Base Élèves. En l’absence de débat public sur le fichage des enfants, en l’absence de tout lieu de dialogue sur ce fichage entre l’administration, les enseignants et les usagers du service public, ces violences policières ont marqué pour toujours les victimes de ces violences et l’être humain que je suis.

2000 plaintes. Il semble inconcevable à mon administration, en l’absence de tout débat, d’attendre au moins la fin proche de l’examen de la légalité de Base Élèves par le Conseil d’État ainsi que le traitement de près de 2000 plaintes contre X de parents d’élèves par le procureur de Paris, avant de menacer mes collègues et moi-même de procédure parce que nous refusons de renseigner Base Élèves. Sans même parler des lourdes sanctions financières que nous subissons et dont le Tribunal administratif jugera la légalité.

Intérêt supérieur. Je ne comprends pas pourquoi mon administration s’acharne à me considérer comme refusant d’appliquer les ordres donnés au fonctionnaire que je suis, alors que si j’agis comme je le fais c’est justement parce que Base Élèves et sa mise en œuvre ne respectent pas le droit national ou international.

Je me comporte en professionnel qui prend ses responsabilités en m’opposant à Base Élèves pour protéger les élèves de mon école. Je ne peux pas en même temps appliquer les instructions officielles en termes de prévention des dangers de l’informatique, notamment d’internet, et mettre en œuvre un dispositif qualifié de liberticide par le ministre Darcos.

C’est au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant que je m’oppose en tant que directeur d’école au fichage télématique des élèves. Les sévères recommandations du Comité des droits de l’enfant de l’ONU au gouvernement français au sujet de Base Élèves me confortent dans ce positionnement. C’est parce que j’applique ces recommandations que je suis aujourd’hui menacé dans mes fonctions par mon administration.

[…]

La menace. Je m’interroge sur la communication de mon administration, qui félicite l’immense majorité des directeurs d’école pour avoir finalement renseigné Base Élèves, alors que tout le monde sait qu’une majorité d’entre eux l’a fait sous la contrainte et sous la menace. De nombreux directeurs que je côtoie portent en eux la douleur d’avoir cédé. Ils sont rentrés tête basse dans Base Élèves, déchirés pour longtemps par le dilemme qui leur a été imposé : soit rester fidèles à leurs convictions professionnelles et à la volonté des parents d’élèves, soit ne pas désobéir à l’administration, ce qu’ils ont finalement fait.

Obéir à des ordres manifestement irréguliers. Je m’interroge aussi quand mon administration stérilise encore, au 21ème siècle, les rapports humains en appliquant à la lettre et de manière aveugle ce principe : « Un fonctionnaire, ça obéit. » Bien entendu je ne veux pas cautionner n’importe quoi, n’importe quelles pratiques. Les valeurs républicaines et humanistes doivent encadrer les actes des fonctionnaires comme des citoyens. Mais contraindre les directeurs d’école à obéir à des ordres manifestement irréguliers, peut-être illégaux, en opposition aux conventions internationales, est illégitime.

Ravages. En tant que délégué du personnel, je contribue à alerter mon administration sur les ravages que le fichage, le pilotage autoritaire et la politique du chiffre provoquent sur le terrain. Les enseignants sont profondément perturbés et s’interrogent sur l’avenir de leur métier, en pleine mutation.

Aujourd’hui, l’école n’est plus sereine pour affronter des défis encore plus difficiles qu’hier. L’individualisme et le repli sur soi se développent, au détriment des dynamiques d’équipe. La compétition, qui n’a pas sa place en éducation, gangrène notre service public : obsession des résultats à court terme, classements, pilotage avec l’obsession de la performance, tri très précoce des élèves, primes individuelles en attendant les salaires au mérite.

Traces indélébiles. La confiance dans les capacités d’évolution et de progrès des élèves disparaît avec le déterminisme qu’installe le fichage. Albert Jacquard rappelle qu’il ne serait jamais devenu ce qu’il est si son dossier scolaire ne s’était pas égaré pendant la guerre. Arrivé sans traces dans un nouveau lycée, il a décidé de devenir bon élève et l’est devenu sans obstacles.

Base Élèves associée au livret électronique rend caduques les vertus du temps et de l’éducation. Un mauvais départ ou un accident de parcours seront indélébiles et compliqueront voire compromettront la suite de la scolarité.

Fichage des élèves. Des documents de programmation de l’Éducation Nationale en informatique, des documents liés à la LOLF et les projets de livret électronique font tous état de la volonté de l’Éducation Nationale de généraliser le fichage des élèves sur un plan très large, des compétences du socle commun aux résultats des évaluations nationales, en passant par des compétences extra-scolaires. Peu importe que ces données soient bientôt toutes collectées dans Base Élèves, tout fichier étant par nature évolutif, ou qu’elles demeurent rassemblées dans des fichiers parallèles.

Au détriment de la pédagogie. Dans la formation et dans les animations pédagogiques, les contenus didactiques, la pédagogie et les élèves cèdent la place à la rentrée et à la transmission des données dans des logiciels, au traitement des données, aux statistiques, aux taux de réussite, à la sélection pour l’aide personnalisée et pour les stages de remise à niveau.

A la place du partenariat et d’éventuels échanges d’informations entre professionnels de l’enfance et de la jeunesse, afin d’aider les élèves, c’est désormais une volonté de traçabilité, de déterminisme, de prédiction stigmatisante et de sélection qui se met en place.

Raison d’État. C’est au nom d’une raison d’état que l’on refuse aux parents d’élèves le droit d’opposition au fichage de leurs enfants, contrairement au droit international. Le droit français n’est pas davantage respecté par le fichier Base Elèves.

Le directeur d’école que je suis aimerait savoir sur quel texte de loi s’appuient l’immatriculation des élèves, la Base Nationale des Identifiants Elèves et la conservation de données dans cette base pendant 35 ans.

Régularité ? Par des échanges de courriers début 2009, j’ai interrogé l’Inspectrice d’Académie de l’Isère sur la régularité de l’utilisation des fiches de renseignements ordinaires pour remplir Base Elèves, alors que la très grosse majorité des parents d’élèves de mon école m’avait expressément interdit par écrit de renseigner Base Élèves pour leurs enfants.

L’Inspectrice d’Académie, qui rappelle que les fiches de renseignements ordinaires en version papier constituent malgré tout un fichier, me demande de me servir de ce fichier pour alimenter Base Élèves. Cette démarche de transfert de données est bien une interconnexion. Je suis donc censé mettre en oeuvre une interconnexion irrégulière, non déclarée, en l’absence de connaissance de l’utilisation des données pour Base Élèves au moment où les parents ont rédigé les fiches de renseignements ordinaires.

Quand l’administration écrit : « La tâche d’inscription incombe légalement aux mairies. Dans le cadre du déploiement le directeur se substituera à la mairie tant que celle-ci ne sera pas opérationnelle », sur quelle loi modifiant le code de l’Éducation s’appuie-t-elle ?

Information des parents incomplète. L’information donnée aux parents d’élèves sur les finalités comme sur les contenus est très incomplète. Des données nominatives sur la santé sont fichées.

Interconnexions. Des interconnexions non déclarées existent et vont se développer : la proposition de loi Warssmann, votée en première lecture à l‘Assemblée Nationale, examinée au Sénat, prévoit d’ailleurs l’accès à tout fichier administratif (dont Base Elèves) pour toutes les autres administrations.

Sans attendre le vote définitif de cette loi, le Pôle Emploi, via les Missions Locales, a accès aux données de Sconet, pour le suivi des « décrocheurs », dans le cadre d’une autre loi. Or Sconet, grand frère de Base Élèves, est alimenté par les données de Base Élèves comme le prévoit l’arrêté du ministre Darcos du 20 octobre 2008.

Sans papiers. Je m’inquiète encore du rôle d’agent de transmission de données qu’on veut m’attribuer, au service de ministères autres que celui de l’Éducation Nationale. Car on pourra déceler en tout élève arrivant dans une école à partir du CE1 et ne possédant pas encore d’INE un enfant arrivant d’un pays étranger, et peut-être en situation irrégulière. Mon métier est d’enseigner à tout élève présent sur le territoire français, pas de collaborer à la chasse aux familles sans papiers.

Dérive sécuritaire. La proposition de loi Warssmann, si elle est définitivement adoptée, généralisera le contrôle social de la population et contribuera à la dérive sécuritaire qu’incarne entre autres l’arrivée de vidéosurveillance ou de la biométrie dans les collèges.

On me demande d’être complice d’un système fondamentalement opposé aux valeurs républicaines, c’est éthiquement inacceptable.

Obéissance. Madame, messieurs, madame l’Inspectrice d’Académie, je considère que j’obéis à la loi en cherchant à protéger les enfants.

Je considère que j’obéis au droit, au préambule de la constitution de 1958 ainsi qu’aux conventions européennes et internationales des droits de l’homme et des droits de l’enfant.

Claude Didier, directeur de l’école élémentaire de Prunières

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Résistance: discours d’Alain Refalo au Plateau des Glières en Haute-Savoie le 17 mai 2009: « En conscience, nous refusons d’obéir !

Posted by baseeleves38 sur 22 mai 2009

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Source:http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/lirarticle-252147-1281977.html

voir les vidéos  :http://www.fsd74.org/spip.php?article2291

Dimanche 17 mai, au plateau des Glières en Haute-Savoie, devant 4 000 personnes rassemblées à l’invitation de l’association Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui, plusieurs personnalités de la Résistance, dont Raymond Aubrac, Stéphane Hessel et Walter Bassan, ainsi que le Dr Michaël Guyader et Alain Refalo se sont exprimées pour témoigner des valeurs communes qui les animent dans les combats pour la justice, la solidarité et la dignité humaine.

Ce rassemblement citoyen / pique-nique intitulé « Paroles de résistance » est organisé chaque année pour refuser la récupération politicienne des combats et des valeurs de la Résistance par le chef de l’Etat ainsi que pour célébrer les valeurs de fraternité et de solidarité du programme du Conseil National de la Résistance (CNR).
Intervention d’Alain REFALO, Professeur des écoles, Colomiers (31), auteur de la lettre « En conscience, je refuse d’obéir ! » (6 novembre 2008)
Je remercie très chaleureusement l’association « Citoyens Résistants d’hier et d’Aujourd’hui », et tout particulièrement son président Didier Magnin, de m’avoir fait l’honneur de m’inviter à cette rencontre au plateau des Glières.

Ce gouvernement applique à l’école les bonnes vieilles recettes de l’économie de marché. La formation des élèves est assimilée à une marchandise, les parents d’élèves sont considérés comme des clients et l’école devient ainsi une vaste entreprise soumise à la loi de l’offre et de la demande. On ne travaillera plus pour l’épanouissement et le développement de l’élève, mais pour la réussite aux évaluations et pour la satisfaction des parents. La recherche à tout prix de résultats chiffrés pour alimenter les statistiques, l’efficacité et la rentabilité deviennent les valeurs suprêmes. Au nom de ces valeurs, on formate les esprits des élèves et des enseignants à se situer dans une logique individuelle de la réussite au détriment de tout projet collectif.

Il faut ajouter à ce changement de valeurs, les bouleversements structurels induits par le désengagement de l’Etat dans l’Education Nationale : la suppression de plusieurs dizaines de milliers de postes, et notamment les postes d’enseignants spécialisés du RASED, le recrutement d’enseignants vacataires pour assurer les remplacements, la création de jardins d’éveil qui, progressivement, vont se substituer à l’école maternelle, le démantèlement de la formation pédagogique initiale des jeunes enseignants avec la disparition des IUFM et enfin la transformation des écoles en EPEP (Etablissements Public d’Enseignement du Primaire) qui seront sous la coupe des communes.  Le service public d’éducation a vécu. L’Etat ne sera plus le garant de la qualité du service sur tout le territoire.

A travers cette école publique que l’on veut privatiser et que l’on déconstruit, c’est toute la société qui est menacée de délitement. L’école est le ciment de la République. En s’attaquant frontalement à l’école, c’est à la République que ce gouvernement s’attaque.

Alors, il est des moments dans une existence où le silence devient complicité avec l’injustice. Il est des moments où obéir passivement et appliquer les lois et les décrets sans discernement constituent un reniement profond des valeurs qui nous animent. Il est des moments où la désobéissance devient inéluctable pour ne pas participer soi-même au mal que l’on condamne. Il nous est rappelé que nous devons  être des fonctionnaires obéissants, nous avons fait le choix d’être des fonctionnaires responsables, lucides, comptables de nos actes. Nous savons, même si comparaison n’est pas raison, que l’obéissance inconditionnelle aux ordres des supérieurs peut aboutir aux pires situations d’injustice. Ce qui veut dire qu’un fonctionnaire doit être un homme avant d’être un sujet, un homme qui obéit aux exigences de sa raison et de sa conscience avant de se soumettre aux ordres et aux injonctions de l’Etat.

Alors, le 6 novembre 2008, je décide d’écrire à mon inspecteur de l’Education Nationale pour l’informer qu’ « en conscience, je ne puis plus me taire, en conscience, je refuse d’obéir ! ». Dans cette lettre, je lui fais savoir que je refuse de participer par ma collaboration active ou mon silence complice au démantèlement programmé de l’Education nationale. Je lui précise que je n’appliquerai pas les dispositifs pédagogiques qui me sont imposés car ils heurtent profondément ma conscience d’enseignant.

Permettez que je cite un court extrait de cette lettre : « Si aujourd’hui je décide d’entrer en résistance et même en désobéissance, c’est par nécessité. Pour faire ce métier, il est important de le faire avec conviction et motivation. Aujourd’hui, c’est parce que je ne pourrais plus concilier liberté pédagogique, plaisir d’enseigner et esprit de responsabilité qu’il est de mon devoir de refuser d’appliquer ces mesures que je dénonce. Je fais ce choix en pleine connaissance des risques que je prends, mais surtout dans l’espérance que cette résistance portera ces fruits. J’espère que, collectivement, nous empêcherons la mise en œuvre de ces prétendues réformes. »

En écrivant cette lettre, je me suis souvenu des mots d’Albert Camus : un homme révolté est « un homme qui dit non », mais c’est aussi « un homme qui dit oui dès son premier mouvement ». Par ce que je refuse, j’exprime explicitement ce à quoi j’aspire, ce que je veux. En effet, cette objection de conscience que je manifeste, qui dit non, qui affirme un refus s’affiche d’emblée comme une action positive, constructive, tournée vers l’avenir. C’est pourquoi j’informe mon inspecteur qu’en toute responsabilité, je mettrais en place des dispositifs alternatifs à ceux qui me sont imposés afin de rester fidèle au sens profond de la mission qui m’a été confiée, c’est-à-dire la réussite de tous les élèves.

La lettre diffusée largement sur internet suscite alors l’assentiment de nombreux enseignants du primaire, signe que le temps était venu d’entendre une autre voix qui propose une résistance audacieuse. En quelques semaines, ce sont des centaines, puis des milliers de professeurs des écoles qui entrent à leur tour en résistance et en désobéissance ouvertes en écrivant à leur inspecteur. Ils sont devenus des « désobéisseurs », c’est-à-dire des enseignants qui affichent ouvertement leur désobéissance, l’assument, la revendiquent en prenant le risque de la sanction. « En conscience, nous refusons d’obéir ! », avons-nous écrit collectivement au ministre au mois de janvier. Ce  ministre ne nous a jamais répondu, a traité notre démarche par le mépris, a toujours minimisé notre mouvement et a même tenté de le discréditer en l’accusant d’être manipulé par des groupuscules politiques !

Au fil des mois, ce mouvement n’a cessé de se développer. Les enseignants en résistance annoncent qu’ils continuent à travailler dans l’esprit des anciens programmes qui favorisent la construction de la pensée et des apprentissages, ils refusent d’appliquer le dispositif de l’aide personnalisée qui stigmatise les élèves en difficulté et ils mettent en place des dispositifs alternatifs pour tous les élèves, des enseignants résistent à la passation des évaluations nationales qui serviront bientôt à la mise en concurrence des établissements scolaires. Des directeurs d’école refusent de renseigner le fichier du contrôle social Base Elèves.

Ce sont aujourd’hui 3 000 enseignants du primaire en désobéissance pédagogique et plusieurs dizaines de milliers qui sont en résistance sans l’afficher ouvertement. Cette nouvelle force non-violente qui est née n’est pas prête de retomber !

Cette désobéissance est peut être un signe des temps. Des enseignants, des fonctionnaires de la République qui entrent en insoumission ouverte alors que de par leur statut ils sont contraints à l’obéissance, n’est-ce pas le signe que nous vivons un moment particulièrement grave de l’histoire de notre démocratie ? N’est-ce pas le signe que l’heure est venue où les exigences de la conscience doivent prévaloir sur les ordres, les injonctions, les lois qu’il nous faut appliquer sans discuter ? N’est-ce pas le signe que le temps est venu de nous réapproprier le pouvoir de la pensée pour nous élever dignement contre les méthodes arbitraires de ce pouvoir, méthodes qui dénaturent les principes d’une démocratie respectueuse des opinions, des idées et plus largement de l’intelligence des citoyens ?

Cette désobéissance a un prix. Dès le départ, nous savions que nous encourions des risques professionnels importants. Certains ont vu la promotion à laquelle ils avaient droit retardée. Plusieurs dizaines d’entre nous ont été sanctionnés par des retraits de salaire, deux jours de retrait par semaine depuis le mois de janvier pour ce qui me concerne alors que j’effectue l’intégralité de mon service devant les élèves.

A Marseille, deux enseignants se sont vus retirer 32 jours de salaire pour le premier trimestre de l’année 2009. Cette répression disproportionnée n’a pas entamé notre détermination. Dans la démarche de la désobéissance civile, la répression n’est pas un échec, mais une reconnaissance. L’administration, en sanctionnant durement, reconnaît que cette action l’inquiète et admet qu’elle constitue une véritable menace. Mais cette répression, nous l’avons retournée à notre avantage car elle nous a permis de populariser la cause de l’école publique en danger et de susciter le soutien des parents d’élèves et plus largement de l’opinion publique à notre démarche. Des caisses de solidarité se sont mises en place pour nous aider à poursuivre sans faiblir cette résistance.

Nous n’avons pas cédé, et nous ne cèderons pas. Ce mouvement de résistance des enseignants du primaire est porteur d’une exigence éthique conjuguée à un engagement professionnel et pédagogique qu’aucun pouvoir ne pourra briser. Nous continuerons, avec le soutien des parents d’élèves, des citoyens et des élus à défendre l’école publique, aujourd’hui menacée par des lois et des décrets scélérats. Nous ne faiblirons pas dans notre résistance. Plus ils nous sanctionneront, plus nous résisterons.

Le 21 avril dernier, nous avons solennellement appelé à une insurrection des consciences, à une insurrection non-violente de la société civile pour sauver l’école de la République, de la maternelle à l’université. Ce pouvoir autoritaire impose des réformes brutales qui violent les consciences, affaiblissent les services publics et remettent en cause le pacte social de solidarité issu de la Résistance. Ce gouvernement a délibérément choisi l’intimidation, la répression et la peur pour étouffer toute velléité de résistance sociale d’envergure. Alors je le dis avec gravité : notre responsabilité est de ne pas tomber dans le piège de la violence que le  pouvoir nous tend. Le principe de Gandhi qui énonce que la fin est dans les moyens comme l’arbre dans la semence est plus que jamais d’actualité. Seuls des moyens justes, c’est-à-dire non-violents, pourront servir notre juste cause. Face à la violence des situations d’injustice que la politique de ce gouvernement génère, nous devons porter l’exigence d’une révolte éthique et politique qui refuse toute légitimité à la violence.

Comme l’écrivait si bien le grand Albert Camus, dans l’une des périodes sombres de notre histoire, « il s’agit de servir la dignité de l’homme par des moyens qui restent dignes au milieu d’une histoire qui ne l’est pas. » Notre responsabilité est désormais de résister radicalement à la violence du pouvoir, mais sans nous renier, en étant fidèles aux valeurs de respect de l’humanité de l’homme.

Oui, l’heure est grave ! Il est minuit moins cinq dans la nuit où le gouvernement a programmé la mort de l’école de la République. Il n’est pas fatal que cette heure sonne ! Pour sortir de la culture de la violence et de la guerre qui domine notre histoire, notre civilisation, nous avons plus que jamais besoin d’investir dans l’éducation et dans l’école pour former des esprits libres, responsables qui sauront faire prévaloir les exigences de la raison, de la pensée contre toutes les idéologies discriminatoires, les idéologies du racisme et de l’exclusion qui portent la violence et la guerre dans leurs gènes.

L’école ne devra jamais être un lieu de soumission à l’idéologie dominante du marché, de la consommation, et de la violence, mais devra être un espace où l’on apprend à résister à la haine, à l’intolérance, à la violence, un lieu où l’on apprend le respect, le vivre ensemble et la non-violence. Cette école citoyenne, elle reste à inventer et à construire.

Pour que cette école que nous appelons de nos vœux voit le jour, encore faut-il que nous y croyons nous-mêmes. Car sans l’espérance d’un à-venir, nous sommes condamnés de façon certaine à subir un aujourd’hui qui prépare des lendemains qui déchantent ! Nous n’avons plus le choix. Aurons-nous l’audace de résister aux forces conservatrices qui véhiculent l’idée d’une éducation soumise à la loi du marché ? Aurons-nous l’audace de refuser une école de la discrimination, de la compétition et de la sélection ? Aurons-nous l’audace de nous mobiliser pour que l’école demeure un lieu d’épanouissement, de coopération et de rencontre de l’autre ? Aurons-nous l’audace de prendre des risques pour défendre l’école issue des Lumières, école sans laquelle aucune société démocratique digne de ce nom n’est possible ? Aurons-nous l’audace de vivre dès aujourd’hui notre rêve d’une école qui émancipe et qui élève, sans attendre « le grand soir » ? Aurons-nous l’audace de faire les premiers pas qui réveilleront les consciences endormies ? Aurons-nous l’audace de traduire dans les actes le mot « résistance » pour sauver l’école de la République ? Oui, c’est « de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! » dont nous avons besoin pour être à la hauteur du défi qui nous a été lancé par ce pouvoir.

L’avenir de l’école dépend de nous tous ! Ce combat sera rude, mais il ne peut être perdu, car ce serait la défaite d’une certaine idée de la civilisation. Nous avons besoin du soutien des Résistants de la première heure, eux qui ont écrit l’une des plus belles pages de l’histoire de notre pays. Nous avons besoin du soutien des citoyens et des élus, car seuls nous ne gagnerons pas. Ne nous résignons pas, ayons confiance en nous-mêmes, et si tous ensemble nous disons « nous le pouvons », alors j’en suis persuadé, nous le ferons ! Oui, la victoire de l’école publique et laïque est possible, si nous le décidons !

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Pétition de soutien à Jean-Yves Legall: http://www.lapetition.be/en-ligne/soutien-jean-yves-le-gall-4337.html

Posted by baseeleves38 sur 22 mai 2009

Jean-Yves Le Gal sanctionné pour l’exemple.

Jean-Yves Le Gall, directeur de l’école élémentaire de Notre Dame de Vaulx (4 classes) en Isère, a toujours dit non au fichage des enfants. Il fait partie des 190 directeurs rassemblés au sein du collectif national de résistance à base élèves qui ont signé un engagement à ne pas renseigner Base Elèves.

On lui a signifié qu’il perdait son poste de directeur au 1er septembre 2009. C’est la première fois qu’une telle sanction est prononcée à l’encontre d’un directeur à qui le seul et unique reproche qui est fait et la non-saisie de base élèves.

UNE TELLE SANCTION EST INACCEPTABLE :

NE TOLERONS PAS QUE LA FONCTION DE DIRECTEUR SOIT REDUITE AU VOLET ADMINISTRATIF DE FICHAGE DES ELEVES.

NE TOLERONS PAS LA PENALISATION DE TOUTE ACTION REVENDICATIVE.

Nous, enseignants, parents d’élève, citoyens n’accepterons pas que Jean Yves Le Gall soit sanctionné au motif qu’il refuse de renseigner ce fichier. Nous demandons qu’il soit rétabli dans sa fonction de directeur d’école.

La pétition:

URL de la pétition : http://www.lapetition.be/en-ligne/soutien-jean-yves-le-gall-4337.html
URL Courte : http://4337.lapetition.be/

Signer la pétition:

http://www.lapetition.be/sign_petition.php?petid=4337

Autres articles

http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/lirarticle-252147-1287971.html (Ce Mercredi 27 mai à 10h soyons nombreux à nous rassembler devant l’Inspection Académique de Rodez pour soutenir Josef Ulla directeur de l’ école du Rougier à Montlaur , membre du collectif  aveyronnais contre base-elèves et du collectif national CNRBE... »)

https://baseeleves38.wordpress.com/2009/02/03/base-eleves-isere-jean-yves-le-gall-sanctionne-pour-ne-pas-avoir-rempli-le-fichier-base-eleves-de-son-ecole/

http://www.cnt-f.org/fte/article.php3?id_article=2603 (‘…Avec plus de 2500 « désobéisseurs » déclarés, le mouvement contre les mesures Darcos, notamment l’aide personnalisée, la disparition des Rased, la modulation du temps de classe suivant les capacités des élèves, les nouveaux programmes, le fichier Base Élèves, les évaluations nationales ou encore le Service Minimum d’Accueil (SMA), franchit un seuil que les sanctions déjà mises en œuvre ne semblent pas enrayer...’)

Posted in 2009, Contrôle social, Fichage, Jean-Yves Le Gall, Pétitions, Répression | Tagué: , | Leave a Comment »