Le Collectif Isérois pour le Retrait de Base Élèves (CIRBE)

Pour le retrait de Base Elèves ! Contre le fichage à l'école.

Journée du 30 mai

Posted by baseeleves38 sur 3 juin 2008

Le vendredi 30 mai, seconde date de validation des données en Isère, les parents d’élèves de l’école Lesdiguières ont organisé une nouvelle action devant l’école, qui a conduit une partie d’entre eux, accompagnés de membres du CIRBE et même d’étudiant(e)s, jusqu’à l’inspection académique de l’Isère, où le comité d’accueil académique habituel les attendait, sans CRS mais tout de même en présence d’un inspecteur de police.

Lesdiguières, 30 mai

L’inspection académique a gracieusement accordé une entrevue aux seuls parents de l’école Lesdiguières. Une journaliste du Dauphiné voulait assister à l’entretien, mais l’Inspection a refusé. En revanche, un peu plus tard, elle a été invitée (en compagnie d’un journaliste de radio Grésivaudan arrivé entre-temps), à rencontrer M. l’Inspecteur d’Académie lui-même (qui n’était pas disponible 1/2 heure auparavant pour recevoir les parents de Lesdiguières…) On aurait l’esprit bien mal tourné de penser que l’inspecteur veut éviter que les journalistes soient confrontés au débat entre les parents et l’administration, et qu’il préfère pouvoir leur suriner sa seule vérité dans un climat propice et détendu… Pendant ce temps, la délégation de Lesdiguières était reçue par l’inspecteur de l’Éducation nationale adjoint M. David et une administrative, Mme Moser. Voici le compte-rendu des parents :

« Cet entretien a laissé, comme d’habitude, un goût amer. L’inspecteur et surtout Mme Moser, très convaincue, redisant l’intérêt de BE, nous laissant peu l’occasion de nous exprimer, et reprochant aux parents de rester campés sur leurs positions radicales, alors qu’eux-mêmes avaient évolué (information aux 140000 parents isérois, entrée des seules données d’état civil). On les a sentis sensibles aux courriers personnalisés des parents (auxquels ils donnent des réponses personnalisées… mais pour dire quoi ?) et réactifs par rapports aux courriers trop stéréotypés. Ils ont quand même été sensibles à la question de l’actualisation de la fiche de renseignement : faut-il la remplir chaque année ? pourquoi ne porte-t-elle pas les mentions légales ? Mais cela pose la question de ce type de rendez-vous : soit il s’agit d’une négociation, on demande des avancées et s’ils y répondent, on doit se montrer satisfait, soit on reste sur le refus en bloc de BE, et alors ils nous renvoient très logiquement sur le niveau national qui leur donne les ordres. »

ia-renseignements_généraux

L’après-midi, une délégation surprise du CIRBE est venue porter à l’inspection d’académie un peu plus d’une centaine de courriers de refus de Base élèves (en plus de ceux précédemment remis). Contre toute attente, cette délégation improvisée a été reçue par l’inspecteur adjoint de l’académie, M. Batailler, qui maîtrise parfaitement l’art du dialogue à sens unique (ou « monologue de sourd »). L’entretien de plus de deux heures s’est ainsi pratiquement résumé à un déploiement d’arguments de la part de M. Batailler, qui a usé de tout son talent réthorique pour ne jamais faire de pause ni mettre de point final à son discours, afin de ne laisser aucune opportunité à ses « interlocuteurs » de s’exprimer.

Il a ainsi justifié la légalité de Base élèves sur la base du récépissé de la CNIL d’une part, et de circulaires du ministère de l’Education Nationale. Les membres du CIRBE ont tout de même réussi à prendre la parole par intermittance. Ils ont souligné leur crainte de voir s’installer un fichier qui ne présente, d’après M. Batailler lui-même, qu’un intérêt limité pour l’Education Nationale (seuls cinq champs sur une soixantaine ayant un intérêt pour celle-ci) mais présente en revanche de forts risques de stigmatisation, voire de délation des enfants « déviants » (voir le rapport Bénisti de 2005).

A ces inquiétudes des parents d’élèves, M. Batailler a répondu en les invitant à « faire l’instruction de leurs enfants à domicile » (NdR : ce qui ne les soustrairait pas à l’entrée dans Base élèves !). Interrogé sur la légalité de renseigner dans la BE des renseignements erronés (« inscrivez la commune de votre école si vous ne connaissez pas le lieu de naissance »), l’inspecteur adjoint a estimé que « le lieu de naissance ne figure dans la BE que pour discriminer deux enfants portant même nom et même prénom, et nés le même jour ». De même, selon lui, les informations concernant la prise en charge par le RASED restent facultatives et ne l’intéressent pas, puisque l’administration collecte ces données par d’autres circuits. Puis il a assuré que les écoles dont les directeurs ne renseignent pas ces données continueront à bénéficier des moyens mis en oeuvre par les réseaux d’aide (contrairement à ce qu’a affirmé M. Aubry devant les Délégués Départementaux de l’Education Nationale, et contrairement à une injonction faite récemment à un directeur d’école).

Monsieur Batailler a par ailleurs assuré les membres du CIRBE du fait que leurs craintes ne sont que paranoïa, que l’éducation nationale est tout à fait bienveillante et qu’il sera bien temps de se révolter le jour où des lois inhumaines permettront une utilisation inacceptable de Base élèves… Quant à la loi de prévention de la délinquance, elle n’aurait, selon lui, rien à voir avec Base élèves. L’inspecteur d’académie de Haute-Garonne semble penser précisément le contraire (http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2713). Déviance coupable ?

Concernant les directeurs qui refuseraient de renseigner la BE, M. Batailler a souligné qu’ils n’avaient pas d’autre choix, sinon celui de changer de métier (« vers un autre ministère ») ; il a confirmé que les directeurs qui avaient laissé des intrus voler dans leur école des données sensibles (c’est ainsi qu’il qualifie le déplacement symbolique d’ordinateurs de l’école vers la mairie opéré par des parents du CIRBE), seraient interrogés afin de déterminer s’ils s’étaient mis eux-mêmes en faute, la sécurité dans leurs écoles étant suffisante. Il estime enfin que si les directeurs perdaient la confiance des parents à cause de Base élèves, c’est qu’ils n’avaient pas bien communiqué à ce sujet (et donc qu’ils ne se montrent pas dignes de cette confiance).

Finalement, les représentant(e)s du CIRBE ont obtenu à grand peine un accusé de réception des courriers de refus, signé et tamponné par la personne chargée de l’accueil à l’IA, M. Batailler ayant refusé catégoriquement de le signer lui-même. Signalons qu’il est inutile d’attendre une réponse aux lettres de refus : l’inspection considère que la lettre de l’IA du 28 avril 2008 répond à toutes les interrogations des parents…

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