Le collectif contre Base Elèves 38

Pour le retrait de Base Elèves !

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Réponse à l’IA de l’Isère: “Pourquoi refuser le fichier Base élèves ?”

Publié par baseeleves38 sur mai 15, 2008

Pourquoi refuser le fichier Base élèves ?

La lettre de l’Inspecteur d’Académie distribuée dans les écoles constitue la première information des parents sur le fichier Base Élèves depuis son introduction, en 2005. Malheureusement, on ne peut que déplorer la présence de nombreux oublis importants ou erreurs.

Il s’agit pour l’Inspecteur d’Académie de « rassurer » les parents d’élèves alors que, dans le même temps, il incite les directeurs d’école à passer outre le refus des parents à voir leur enfant figurer dans Base Élèves, et qu’il n’hésite pas à recourir à des menaces de sanctions et de retraits de salaire à l’encontre des directeurs réticents.

Car en Isère et ailleurs en France, des enseignants, des parents, de citoyens, des élus, des organisations représentatives, des associations comme la Ligue des Droits de l’Homme refusent Base Élèves. Au nom de la confiance que nous souhaitons tous pouvoir continuer à accorder à l’École, nous avons jugé cette mise au point indispensable.

Jusque là, seules 8 informations étaient conservées dans l’école. Par respect pour l’enfant et sa famille, peu d’informations étaient inscrites dans le dossier scolaire, pourtant propriété de la famille. Elles le sont dans Base élèves, fichier appartenant à l’État.
Avec Base élèves plus de 60 informations nominatives - état civil, informations sur la famille, compétences, mais aussi suivis pour difficultés scolaires ou handicap, etc. - sont enregistrées pour chaque enfant dès l’âge de 3 ans, sont partagées, centralisées, et conservées 15 ans.

Ce que la lettre de l’Inspecteur ne dit pas:

  • Toutes les données nominatives concernant un enfant sont accessibles à l’Inspecteur de circonscription et à l’Inspecteur d’académie (à l’exception du périscolaire), et en grande partie, aux différentes écoles fréquentées par l’élève ainsi que, par la suite, au collège.
  • Les données sont conservées « pendant toute la durée de la scolarité […] soit au maximun 15 ans ». (déclaration du Ministère de l’Éducation Nationale à la CNIL).
  • En réponse aux parents qui tentent de refuser que les informations relatives à leur enfant soient entrées dans Base élèves en ne remplissant pas la fiche de renseignements, l’Inspecteur d’académie de Grenoble recommande, dans une lettre du 14 avril adressée à ses directeurs d’école, d’entrer les données dont ils disposent et de recourir au système de la « moulinette » c’est-à-dire d’importer les données depuis leur logiciel interne, ce qui est irrégulier.

- Les données concernant les élèves de 70 % des écoles françaises circulent sur internet et ne sont toujours pas sécurisées. Les protections d’accès, demandées depuis longtemps par la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL), ne sont toujours pas effectives. En juin 2007, le Canard Enchaîné avait déjà dénoncé la non sécurisation du fichier. Un an plus tard, soit plus de trois ans après le lancement de Base Élèves, la situation n’a pas changé. Même avec la sécurisation promise, nous ne serions pas rassurés.

Les nombreux scandales révélés montrent la fragilité des systèmes informatiques : erreurs (25 % dans le fichier STIC de la police), pertes de données, piratage, « évolution » en catimini (exemple de SCONET), projets de connexions de fichiers entre eux, etc.

-Il n’y a aucune garantie pour les parents concernant l’évolution de ce fichier. Le fichier évolue sans contrôle : le 22 juin 2007, la CNIL garantissait que les « notes ou évaluations de l’élève » ne figureraient dans ce fichier. Or depuis ont été rajoutés la validation des compétences (maîtrise de la langue française, mathématiques, langue vivante étrangère, possession d’une culture humaniste, compétences sociales et civiques, autonomie et esprit d’initiative) De même, d’autres données sensibles comme les PPRE (suivi pour les enfants en difficultés) et PPS, (suivi pour les enfants handicapés), ont été rajoutées. Les champs « nationalité » et « date d’entrée en France » ont été annoncés supprimés fin 2007 et ont été remplacés par « pays de naissance ».

-Le fichier est centralisé : c’est un traitement informatique national. Le Ministère de l’Éducation Nationale est maître d’ouvrage du traitement. En liaison avec son entrée dans Base Élèves, chaque enfant se voit attribuer un Identifiant National Elève (INE) qui le suivra tout au long de sa scolarité, permettant par exemple d’assurer la liaison entre Base Élèves et le système Sconet au collège.

-Le fichier est partageable avec une autre administration : les mairies, auxquelles l’inspecteur doit communiquer les informations relatives à l’absentéisme des élèves. Les maires ont accès à une partie des informations de Base Élèves.
Par ailleurs, un décret d’application du 14 février 2008 de la loi dite « Loi relative à la prévention de la délinquance » autorise les maires à créer un fichier leur permettant de suivre l’absentéisme des enfants d’âge scolaire, les directeurs et inspecteurs d’académie devant transmettre aux maires les données concernant cet absentéisme. La notion de secret professionnel partagé a été introduite entre la police, la justice, les services sociaux, l’école (directeurs et inspecteurs), avec les maires au centre du dispositif.

-Champs soumis à l’accord des familles : un simple effet d’annonce, incohérent et sans garantie
Tous ces champs ont clairement un caractère médical ou psychologique. Les directeurs doivent demander l’accord des familles pour renseigner ces champs mais, par ailleurs, la déclaration à la CNIL prévoit que ces champs puissent être directement renseignés par les inspecteurs : « L’inspecteur chargé de circonscription et l’inspecteur d’académie complètent la Base Élèves dans deux domaines :

- les élèves instruits hors école (famille, CNED, hôpital, établissement spécialisé),
- les informations relatives à l’adaptation et à l’intégration scolaire (AIS) concernant les besoins éducatifs particuliers ou les demandes d’orientation émises. »

Nous sommes opposés au fichage des enfants, pas à l’informatique ou à la modernité.
Base Élèves ne répond en rien aux besoins des élèves mais au contraire peut conduire à une rupture de confiance entre les parents et les enseignants.

Parce que rien ne garantit l’usage qui sera fait de Base Élèves dans le futur, parce que nous ne voulons pas que nos enfants soient enfermés dans leur passé, parce que nous nous inquiétons de la dérive sécuritaire de la société, parce qu’il s’agit d’une atteinte grave aux libertés individuelles, nous ne voulons pas que des données nominatives sortent de l’école, nous demandons le retrait de Base Élèves et la destruction des données déjà enregistrées.

Base élèves est le premier maillon du fichage : il touche toutes les familles, à terme toute la population dès l’âge de 3 ans. Il est l’exemple même des fichiers qui se multiplient de façon inquiétante, sans débat
public, sans débat parlementaire, conduisant à la banalisation du fichage, si nous ne réagissons pas. Nous vous invitons donc à nous rejoindre pour des courriers à l’Inspecteur d’académie, pétitions,
manifestations. Des mairies, dont Grenoble, ont voté des motions d’opposition - très peu ont accepté d’utiliser ce fichier en Isère. N’hésitez pas à interpeller vos élus.

Nous pensons qu’il est important que l’ensemble des parents d’élèves soit au courant du danger de ce qui se met en place. Nous vous engageons à lire des informations complémentaires sur :

Les organisations de l’Isère :

  • CIRBE Collectif Isérois pour le Retrait de Base Elèves,
  • LDH (Ligue des Droits de l’Homme),
  • SNUipp-FSU,
  • PAS,
  • SUD Education,
  • CNT Education,
  • FCPE.

Le texte au format pdf:

- be-reponse-a-ia-2-pages-12-mai-08-definitive (2 pages)

- be-reponse-a-ia-unepage-12-mai-08-definitive (1 page)

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CIRBE: Communiqué lu devant l’inspection académique le 30 avril

Publié par baseeleves38 sur mai 9, 2008

Depuis que nos écoles sont confrontées à la mise en œuvre du logiciel Base Élèves 1er Degré, parents, enseignants, élus, citoyens se sont inquiétés des conséquences d’un tel dispositif, y voyant de réelles atteintes aux libertés individuelles.

Aujourd’hui, en Isère, les directeurs sont dans l’obligation, sous peine de retrait de salaire, de valider les données au plus tard le 30 avril ou le 30 mai, selon les tranches.

Pourtant, de nombreux Conseils d’écoles ont voté une motion contre Base Élèves.
Pourtant, beaucoup de parents d’élèves ont manifesté leur désaccord en signant la pétition contre Base Élèves.
Pourtant, nombreux sont aussi ceux qui ont adressé un courrier au directeur, à l’Inspecteur Académique et au maire pour leur affirmer leur refus de voir leur enfant pris dans un tel dispositif.
Pourtant, des conseils municipaux dont celui de Grenoble fin mars, ont demandé, par vœux, l’abandon de Base Élèves.
Pourtant, nous étions environ 1000 personnes à Grenoble le 2 avril, à manifester contre ce fichier.
Par ailleurs, un recours gracieux en demande d’annulation d’actes pour excès de pouvoir a été déposé le 14 mars 2008 auprès du Ministère de l’Éducation Nationale.

Toutes ces démarches nous encouragent à poursuivre nos efforts collectivement pour empêcher que nos enfants soient entrés dans Base Élèves.

Ici, en Isère, Le Collectif Isérois pour le Retrait de Base Élèves – le CIRBE – s’est créé pour incarner la montée de ces contestations localement.

Ailleurs, d’autres villes se sont mobilisées, avec en tête Rennes, où la pétition nationale lancée par le CORRESO a recueilli plus de 26 000 signatures demandant le retrait de Base Élèves, mais aussi Marseille, Toulouse, Paris, Lille, Millau, Clermont-ferrand, Valence et bien d’autres villes de France.

Malgré toutes ces protestations, les Inspections Académiques et le Ministère de l’Éducation Nationale persistent à ignorer les parents, les directeurs, les associations, les syndicats et les politiques qui demandent l’arrêt du dispositif.

Face à la mobilisation, l’Inspecteur d’académie use de méthodes litigieuses et inacceptables pour implanter coûte que coûte Base Élèves : formations imposées, pressions morales, transfert informatique des données d’un logiciel à celui de Base Élèves, envoi d’animateurs TICE pour prélever des données sur une clé USB, usage des forces de polices, menaces de retraits de salaires pour les directeurs qui ne valideraient pas les données en temps et en heure.
Ce passage en force confirme nos craintes quant à la finalité même de Base Élèves, premier maillon d’une entreprise de contrôle social qui bafoue les fondements de notre démocratie et s’inscrit en droite ligne de la loi de la prévention de la délinquance, et outil incompatible avec les missions du service public qu’est l’éducation.

Très récemment, le gouvernement a essayé de mettre en place le fichier Ardoise.
Compte tenu du caractère discriminatoire de ce fichier et devant la contestation de nombreuses associations, la Ministre de l’Intérieur annonçait la suspension de cette expérimentation le 22 avril 2008.

Comment ne pas remarquer les similitudes entre le fichier Ardoise et le fichier Base Élèves ? Implantation sur tout le territoire sous couvert d’expérimentation. fichier mis en place dans l’opacité la plus totale, voire dans l’illégalité, recueil de données inacceptables et violant l’intimité de la personne, informations fournies par le fonctionnaire (ici le policier, là le directeur d’école) et non pas par l’intéressé, regroupement de fichiers auparavant distincts, etc, etc.

Allons nous laisser les fichiers, de sinistre mémoire, bafouer notre démocratie ?

Aujourd’hui, une caisse de solidarité vient d’être mise en place pour soutenir les directrices et directeurs qui, au motif de refuser d’être formés au logiciel ou de l’utiliser, s’exposent à ces retraits de salaires.

Nous voyons là l’occasion de réaffirmer notre détermination à lutter de toutes nos forces contre le fichage des enfants, pour une école du respect et non de la stigmatisation, pour une école de la confiance et non pas de la suspicion, notre détermination à lutter de toutes nos forces pour une société où le respect des libertés individuelles n’est pas qu’un voeu pieux…

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La vidéo du 2 avril 2008 contre base élèves à Grenoble

Publié par baseeleves38 sur mai 5, 2008

La vidéo du 2 avril 2008 contre base élèves à Grenoble : http://www.youtube.com/watch?v=GWpmgcaC8_c


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Un communiqué de l’Inspection Académique encourageant les actes illégaux

Publié par baseeleves38 sur avril 28, 2008

Communication de l’IA du 10 avril

Les écoles concernées par le dispositif Base Elèves cette année scolaire ont reçu ce mail de l’IA :
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Sent: Thursday, April 10, 2008 10:01 AM
Subject: Base Elèves

Madame, Monsieur le Directeur,

Vous trouverez ci-dessous deux informations relatives à la base élèves.

1/ Dans le cadre du déploiement de base élèves (phase 1 et 2), il apparaît que vous rencontrez certaines difficultés avec la fiche de renseignement :

Cas n° 1 : les parents ne souhaitent pas la remplir : vous pouvez saisir toutes les informations obligatoires en votre possession.

Cas n° 2 : Base élèves est renseignée à l’aide d’une “moulinette” de vos propres fichiers : il n’est pas utile de faire renseigner de fiche aux parents.

Dans ces 2 cas, vous devez éditer à l’intention des parents concernés le “dossier étendu” de leur(s) enfant(s).

En cas de désaccord sur les données inscrites dans base élèves, les parents disposent d’un droit de rectification.

2/ Rappel du calendrier :

Ecoles en phase 1 : saisie OBLIGATOIRE des données avant le 30 AVRIL 2008 (conf courrier 10/01/08 )
Ecoles en phase 2 : saisie OBLIGATOIRE des données avant le 30 MAI 2008 (conf mail IA 18/01/08 )

L’équipe de la DOS reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

Cordialement

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L’IA se garde bien de communiquer ce rappel à la loi de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté) :
- « Les parents peuvent-ils vérifier les informations les concernant eux et leur enfant qui sont enregistrées dans la « Base élèves » ?
Oui. Le droit d’accès s’exerce auprès du directeur ou de la directrice de l’école. La « fiche de renseignements » qu’ils doivent remplir lors de l’inscription de l’enfant doit comporter les mentions prévues par la loi « informatique et libertés », à savoir l’objet poursuivi par le fichier, le caractère obligatoire ou facultatif des réponses, les destinataires des données et l’existence du droit d’accès et de rectification. »

Or la fiche de renseignements Base Elèves ne comporte pas ces informations obligatoires !

Certaines écoles, à la demande de l’administration, ont même renseigné Base Elèves sans en avertir les parents d’élèves et sans distribuer la fiche de renseignements Base Elèves, ce qui est illégal !

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Caisse de solidarité de l’intersyndicale

Publié par baseeleves38 sur avril 28, 2008

Caisse de solidarité

Le 30 avril et le 31 mai sont les deux dates butoirs choisies par l’IA pour renseigner Base Elèves, pour les deux premiers tiers des écoles de l’Isère.

Les interventions policières demandées par l’IA face aux barrages de parents d’élèves et de citoyens et citoyennes pour empêcher les formations ont choqué nombre de directeurs et directrices. Une bonne
partie de ces derniers s’interrogeaient déjà sur les finalités de ce fichage nominatif centralisé des élèves, fichage accessible à d’autres administrations dans le cadre de la loi de prévention de la délinquance.

L’enfermement des élèves dans leur destin, la perte de confiance avec les familles et ce rôle d’agent de fichage constituent des ruptures avec les missions du métier d’enseignant que nous avons choisi.

Dans ce contexte, certains directeurs et directrices n’ont toujours pas assisté à la formation Base Elèves, notamment quand des parents d’élèves de leurs propres écoles étaient présents dans les barrages, ou à cause des présences policières. D’autres y sont allés mais se retrouvent maintenant confrontés à des refus de parents d’élèves de les voir renseigner Base Elèves pour leurs enfants. Il est choquant de voir l’administration nous placer dans ce dilemme perdant-perdant : perte de confiance des familles ou sanctions administratives.

C’est pourquoi les syndicats SUD Education 38, CNT Education 38, et PAS 38 proposent avec le soutien du CIRBE, Collectif Isérois pour le Retrait de Base Elèves, une caisse de solidarité, pour permettre aux collègues de résister aux pressions multiples de l’administration et de faire face à d’éventuels retraits de salaire. Adressez-vous à votre syndicat préféré pour l’instant, en attendant que l’intersyndicale enseignante évoquée plus haut définisse les modalités de dépôt et de redistribution de ces dons (bientôt une nouvelle information arrivera dans les écoles).

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Déclarations préalables du PAS 38 à la CAPD du 4 avril

Publié par baseeleves38 sur avril 28, 2008

Monsieur l’Inspecteur d’Académie,

De nombreux directeurs, directrices et équipes pédagogiques de l’Isère doutent et souffrent, aujourd’hui. Les nombreux courriers adressés aux inspecteurs et à nous-mêmes témoignent de leur profond désarroi ou de leur exaspération.

Jamais encore, en effet, les enseignants du premier degré n’ont été à ce point confrontés à des ordres qui remettent en question les valeurs pour lesquelles ils ont choisi d’exercer ce métier :

-       de nouveaux programmes qui préconisent pour des élèves exécutants l’empilement des connaissances cloisonnées et la répétition d’exercices coupés de la vie plutôt que, pour des enfants futurs citoyens, la lente construction des savoirs par l’autonomie, le plaisir d’apprendre, le projet, la transversalité, la situation de recherche.

-       l’organisation de stages de remise à niveau à l’efficacité très contestable, qui ont l’effet d’une double peine pour des enfants souvent défavorisés, dont on nie les besoins physiologiques, alors que c’est pendant les heures de classe qu’il faut renforcer l’individualisation et les réseaux d’aide,

-       et enfin la mise en place d’un fichier nominatif centralisé, dont vous tentez de minimiser les effets, mais dont nous sommes nombreux à penser, parents, élus et enseignants, qu’un jour il vous échappera.

Ce dernier point est aujourd’hui le plus douloureux, parce qu’il nous place en conflit de loyauté : d’un côté, servir la fonction publique avec fierté comme nous l’avons toujours fait, de l’autre respecter les libertés individuelles exprimées notamment par nos parents d’élèves.

Entrer dans Base Elèves les renseignements sur les enfants, c’est trahir la confiance des familles. Ne pas les entrer, c’est désobéir à notre administration.

Ce choix cornélien est encore plus déchirant lorsqu’on se retrouve sommé d’entrer dans des locaux encadrés par des policiers, face à des parents d’élèves que souvent l’on connaît. Car il n’y a pas d’un côté les méchants parents gauchistes qui veulent en découdre, et de l’autre les pauvres enseignants pris en otage : il y a avant tout des citoyens qui, au-delà de leurs différences de fonctions et d’opinions, se posent des questions.

Un témoignage d’une collègue : « J’ai été très choquée de ces procédés et de cette présence policière dans le cadre de mon travail. J’apprends tous les jours à mes élèves qu’on ne règle jamais les conflits par la violence, et j’ai avec leurs parents des rapports basés sur le respect. » .

On traite de pessimistes, voire de paranoïaques, les objecteurs à   Base Elèves.

Sont-ils si loin de la vérité quand ils affirment que Base Elèves enferme les élèves dans leurs destins ?

Un autre témoignage, d’un collègue cette fois : « Comment pourrais-je encore concilier les fondements du plus beau métier du monde avec la négation du pouvoir d’évoluer ? Comment pourrais-je encore œuvrer au développement de la personne élève en attachant à l’arrière de son véhicule intellectuel le lest immuable de son déterminisme? Comment croire moi-même et faire croire aux enfants que rien n’est joué d’avance? Comment conserver, contre toutes les tentations passives, la posture fondamentale de l’éducateur et/ou de l’enseignant qui consiste à ne jamais définir ? »
Sont-ils si loin de la vérité quand ils dénoncent Base Elèves comme un élément d’une dérive sécuritaire, ce que prévoit la loi de prévention de la délinquance ?

Sont-ils si loin de la vérité lorsqu’ils pensent que les écoles qui ne fourniront pas de listes d’enfants en difficultés, pour l’organisation des stages comme pour leur signalement dans Base
Elèves, ne pourront prétendre à une quelconque aide de la part de leur administration ?

Sont-ils si loin de la vérité lorsqu’ils craignent que Base Elèves devienne un de ces vecteurs d’évaluation des écoles, au nom d’une farouche mise en concurrence ?

Sont-ils si loin de la vérité quand ils remarquent que les modalités des interventions policières varient en fonction du statut des témoins présents : élus, IEN, représentants du personnel, médias ?

Les objecteurs à Base Elèves, car il s’agit bien d’une objection de conscience, agissent conformément aux dispositions de l’article  28 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et stipulant qu’un fonctionnaire ne doit pas se conformer à un ordre manifestement illégal ou de nature à compromettre gravement un intérêt public.

Placés dans une situation de soumission avec des pressions, des harcèlements, des menaces de sanction pour service non fait (ce qui reste à prouver), des ordres pour le moins illégitimes, dont nous contestons le bien-fondé, bon nombre de nos collègues sont dans un état psychologique totalement incompatible avec la sérénité dont ils ont besoin pour travailler efficacement.

Nous vous demandons, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, de ramener un climat de confiance propice au travail dans les écoles de notre département, et cela dans l’intérêt de nos élèves.

Le 4 avril 2008 Les délégués du personnel du PAS 38.

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CIRBE: Rassemblement en solidarité avec les directeurs le 30 avril devant l’inspection d’academie à 16 h

Publié par baseeleves38 sur avril 27, 2008

Non à base élèves

Base Élèves  kézako ?

Si nous ne réagissons pas, tous les enfants, dès l’âge de 3 ans, seront fichés dans une base de données Base Élèves Premier Degré mise en place par le ministère de l’Éducation Nationale. Ce fichier, qui concerne 6,5 millions d’enfants et leurs proches, présente de graves atteintes aux libertés individuelles.

Depuis 2004, Base Élèves se met en place sans concertation, sans débat public ni texte officiel. En Isère, de nombreuses communes et conseils d’écoles se sont prononcés contre ce logiciel. Malgré cela, l’inspecteur d’académie passe outre ces oppositions et maintient les dates butoirs de validation des données aux 30 avril et 30 mai 2008.

Des pressions  énormes

Les directeurs et directrices d’écoles, auxquels revient de créer les fichiers, subissent de la part de l’inspection d’académie d’énormes pressions. Ils sont convoqués à des formations obligatoires au logiciel BE, à l’issue desquelles ils sont contraints de remplir la base de données. L’inspecteur d’academie met les enseignants en faute en les obligeant à entrer des données dans un fichier non
sécurisé. S’ils ne le font pas, ils sont menacés de retrait de salaire pour service non fait. Ils subissent d’autre part un véritable harcèllement oral de la part de leur hiérarchie.

Solidarité avec les directeurs

Parce qu’ils refusent de ficher nos enfants, des directeurs et directrices risquent des sanctions pécuniaires. C’est pourquoi, en tant que parents d’élèves, nous souhaitons aider ceux et celles qui continuent de s’engager contre Base Élèves. Ainsi, nous mettons en place, avec l’intersyndicale enseignante, une caisse de solidarité.

De plus, nous appelons à un rassemblement le 30 avril à 16 heures devant l’inspection d’académie pour protester contre la validation des données et réclamer l’arrêt des pressions et le retrait des sanctions envers les directeurs et les directrices.

Nos enfants sont fichés : ne nous en fichons pas !

Pour le retrait de Base Élèves - Non à la  validation des données

Tract au format PDF: http://baseeleves38.files.wordpress.com/2008/04/cirbe_rassemblement_30_avril_2008.pdf

Signez les petitions de la ldh et du CORRESO.
Contactez le CIRBE (Collectif Isérois pour le Retrait de Base Élèves) pour vous joindre à l’appel en envoyant un courriel à baseeleves@gmail.com.

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Compte rendu de la réunion du CIRBE le lundi 14 avril 2008

Publié par baseeleves38 sur avril 17, 2008

Veuillez trouver ci-joint le Compte-rendu détaillé (mais néanmoins peut-être imprécis) de la réunion du collectif .

Les principales actions que nous avons décidées :

–  Mise en place d’une caisse de solidarité envers les directeurs et rassemblement devant l’inspection d’académie à Grenoble le 30 avril à 16 h.
–  Présence à la manif du 1 mai pour informer et collecter pour la caisse de solidarité.
–  Réunion le 21 avril à la maison des associations pour commencer à préparer la manif nationale du 14 juin contre BE.
–  Collecte des pétitions
du CORRESO pour le 30 mai.
–  Rédaction d’une contre-information
a diffuser dans les écoles en réponse à la plaquette de l’ia.

Si vous souhaitez être actif au sein du cirbe mais que vous n’avez pas pu être présent hier, n’hésitez pas a envoyer un mail en spécifiant a quoi vous aimeriez participer (groupes élus, presse, manif, coord nationale , redac de l’anti-plaquette, juridique, préparation de la manif du 14 juin…).

compte-rendu-de-la-reunion-du-cirbe-du-14

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Compte rendu du groupe CIRBE-EluEs le 11 avril 2008

Publié par baseeleves38 sur avril 11, 2008

Compte rendu actions Groupe Elus – 11.04.08

Nos maires:

04.04.08 : Comme annoncé lors de notre précédent compte rendu, le conseil municipal de Grenoble en date du 04.04.08 a voté un nouveau voeu pour l’abandon du fichier « base élèves », voeu présenté par Abderrahmane Djellal au nom de la majorité municipale.

Suite à la deuxième interpellation de nos élus (533 communes de l’Isère), courrier dans lequel nous leur demandions :
-de prendre position par un voeu au conseil municipal contre la mise en place de ce fichier
-de ne pas utiliser le fichier base élèves pour les inscriptions des élèves mais de conserver leurs outils actuels.
-de mobiliser toutes instances susceptibles de peser au niveau national pour obtenir le retrait de base élève.
-de soutenir le Collectif et de nous rendre compte de leurs actions. voici les voeux et messages de soutien des communes de l’Isère que nous avons reçu à ce jour :

01-Chabons, canton du Grand Lemps - voeu (en date du 03.04.08 )
02-Chasse sur Rhône, canton de Vienne - voeu (en date du 31.01.08 )
03-Corbelin, canton de Pont de Beauvoisin - voeu (en date du 14.06.07 )
04-Cordéac, canton de Mens - voeu (en date du 29.03.08 )
05-Grenoble, - voeu (en date du 04.04.08 )
06-Herbeys, canton d’Eybens - voeu (en date du 05.02.08 )
07-Mizoen, canton de Bourg d’Oisans - pour le retrait du fichier, soutien (en date du 05.03.08 )
08-Oris en Rattier, canton Valbonnais - voeu (en date du 15.02.08 )
09-Pisieu, canton de Beaurepaire - avis défavorable (en date du 28.03.08 )
10-Poisat, canton d’Heybens - avis défavorable (en date du 04.03.08 )
11-Primarette, canton de Beaurepaire - pour le retrait du fichier (en date du 01.03.08 )
12-Réaumont, canton de Rives - pour le retrait du fichier, soutien (en date du 01.03.08 )
13-Revel, canton de Domene - avis défavorable (en date du 03.03.08 )
14-Sinard, canton de Monestier - voeu (en date du 21.02.08 )

Nous attendons une quinzaine de jours pour relancer les autres communes en accompagnant cette fois notre courrier de quelques exemples de voeu déjà voté.

Nous n’avons eu connaissance que de la présence d’élus de Grenoble à la manifestation du mercredi 2 avril, peut être que d’autres élus d’autres communes se sont joints à nous mais nous ne les avons pas identifié.

Nos députés:

10.04.08 :
Nous avons pu rencontrer Pascal Garcia et David Bousquet, attachés parlementaire de Mr Destot (3ème ciconscription), à qui nous avons pu présenter le CIRBE et ses actions pour le retrait de base élèves.

Nous avons demandé à Mr Destot :
-d’exiger la tenue d’un débat à l’assemblée nationale avant la généralisation de base élèves et la suspension de son utilisation dans l’attente de ce débat,
-de rédiger et de cosigner avec les autres députés de l’Isère un courrier à Mr Darcos et à l’IA demandant le retrait du fichier,
-d’envisager une «interdiction » de l’utilisation des ordinateurs des écoles (dont les communes sont propriétaires) pour constituer le fichier « base élèves »,
-de faire suivre à l’ensemble des élus et des directeurs(trices) de la 3ème circonscription (ou à toutes les communes de l’Isère), le nouveau voeu de la mairie de Grenoble avec un courrier de soutien aux communes qui s’oppose à la mise en place de base élèves,
-de suggérer aux communes de ne pas utiliser base élèves mais de garder leur logiciel d’inscription scolaire sachant qu’il n’y a pas d’obligation pour les mairies d’utiliser base élèves (contrairement aux écoles).
L’accueil a été des plus cordial, ils doivent nous répondre très rapidement sur tous ces points après en avoir fait part à Mr Destot.
À suivre donc…

Nous n’avons pas contacté les autres députés pour l’instant, nous allons leur faire parvenir un courrier et leur proposer un rendez vous très prochainement.
Des parents ont déjà interpellé leur député et certains sont déjà très sensibilisé sur le sujet « base élèves »

Les partis politiques :

Nous avions interpellés tous les partis politiques pour l’appel à la manifestation du 2 avril. Nous ont répondu (en espérant n’oublier personne)
-le Parti communiste 38
-la LCR 38
-les Alternatifs 38
-l’ADES
- Les Verts 38
- le Modem 38

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Compte rendu du blocage du mardi 8 avril 2008

Publié par baseeleves38 sur avril 10, 2008

Petit cr tardif du blocage de mardi dernier à l’IA de Grenoble :

Malgré une info selon laquelle l’horaire était avancé, les directeurs sont arrivés pour 9H.
Nous étions une petite dizaine (dont une bonne moitié avait fait près d’une heure de voiture depuis le secteur de.. St Georges de Commiers je crois ?) et avons tenté de bloquer les deux accès.

Derrière, situation tendue avec 3 directeurs/trices, deux d’entre eux ne souhaitant manifestement pas discuter, le troisième nous opposant un point de vue assez véhément dans la lignée de l’administration, ce dernier finissant par forcer le passage à la suite des deux premiers, rentrés plus furtivement.
Au passage, nous apprenons que ce monsieur n’était pas convoqué et qu’il avait tout bonnement “devancé” l’appel…

Devant, 3 directeurs/trices hostiles à BE, dont une qui désirait tout de même assister à la formation et à qui nous avons exprimé notre regret de ne pouvoir les laisser entrer avant que l’IA prenne ses responsabilités en appelant la police.

Apparition du secrétaire général de l’IA M. Coudurier (contrairement à la veille), intervention de la police, opposition héroïque de la banderolle (!!) qui ne peut toutefois pas tenir sa position, une directrice s’en va et les autres entrent.

Comme d’habitude, il n’y a pas eu de dialogue possible avec M. Coudurier qui nous oppose les histoires récurrentes de liberté de circuler, d’état de droit et autres directives ministérielles ; argument imparable : 70 % des écoles sont déjà dans BE, il n’y a donc aucune raison de s’arrêter là. Sans commentaire.

Un des directeurs lui rétorque que le gouvernement de Vichy en 40 aurait beaucoup aimé disposer d’un outil comme BE…
Même si la comparaison est délicate, je crois que que c’est effectivement là que se situe le cœur du problème ; l’administration ouvre véritablement la boite de pandore avec ce fichier, comme avec les autres fichiers d’ailleurs. Notre opposition se situe à mon sens essentiellement sur le plan éthique et malheureusement, je crains que sur ce terrain l’Etat ne se contrefoute totalement de l’avis de qui que ce soit…

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