Le Collectif Isérois pour le Retrait de Base Élèves (CIRBE)

Pour le retrait de Base Elèves ! Contre le fichage à l'école.

Archive pour la catégorie ‘Fichage’

Lettre de soutien des parents d’élèves à Claude Didier et Rémi Riallan défenseurs des droits de l’enfant

Publié par baseeleves38 le 27 mars 2010

Mesdames, Messieurs,

Nous avons été profondément choqué(e)s d’apprendre que la Commission Administrative Paritaire Départementale du 26 mars 2010 traiterait du retrait de la fonction de poste de directeur à l’encontre de 2 directeurs : Claude Didier, directeur de l’école de Prunières et Rémi Riallan, directeur de l’école de Séchilienne.

En tant que parents, nous avons tenté à de nombreuses reprises de faire valoir notre autorité parentale et nous avons signifié clairement que nous refusions que des données nominatives sensibles concernant nos enfants sortent de l’école.

Depuis le début de la mise en œuvre du ficher Base-Elèves 1er Degré (BE1D), nous n’avons eu de cesse de souligner les dérives de l’utilisation abusive d’un fichage généralisé et systématique et nous revendiquons toujours notre droit d’opposition.

Des lettres de refus individuel, des pétitions, des motions en Conseil d’école, des rassemblements de protestation lors des formations des directeurs à l’utilisation du logiciel servant à alimenter BE1D, des manifestations : les parents ont exprimé leur refus à travers de nombreux moyens, en Isère mais aussi dans beaucoup d’autres départements.

Malgré cela, l’Administration ne nous entend pas. Certain(e)s d’entre nous ont néanmoins continué à résister en portant plainte contre X (environ 1800 plaintes de parents d’élèves au niveau national).

Nous tenons à vous dire notre incompréhension et notre colère lorsque nous apprenons que des directeurs qui prennent en considération la voix des parents et choisissent de protéger nos enfants en refusant de les ficher, puissent faire l’objet de pressions ou de sanctions pouvant aller, dans ce cas, jusqu’à la perte de leur fonction de directeur.

Il nous parât donc de notre responsabilité de parents et de citoyens soucieux du respect du droit national et supranational d’attirer votre attention sur les irrégularités constatées dans le déploiement du fichier Base-Elèves :

  • L’absence d’information aux parents sur le fait que les données nominatives concernant leur(s) enfant(s) qu’ils confient à l’école (fiche de renseignements) sont versées dans une base de données accessible en ligne et interconnectée à la Base Nationale des Identifiants Elèves (BNIE) dont les données sont conservées pendant 35 ans.
  • L’existence même de la BNIE échappe à la connaissance des parents.
  • Le droit d’opposition (loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1976) n’est pas reconnu aux parents.
  • Le Comité des Droits de l’Enfant de l’ONU dans ses conclusions de juillet 2009 signale au gouvernement français que BE1D enfreint la Convention Internationale des Droits de l’Enfant dont la France est pourtant signataire.
  • Le statut de « défenseur » des droits de l’enfant a été accordé aux directeurs et directrices qui refusent en conscience BE1D.

Le Collectif National pour le Retrait de Base-Elèves a interpellé les députés et sénateurs, qui eux-mêmes ont interpellé le Ministre de l’Education Nationale. Le cadre du vote de la Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure dit LOPPSI ou encore la campagne des Régionales a permis également à nos élus de se mobiliser pour le respect du droit.

Lors de son dernier Congrès National en juin 2009, la FCPE nationale avait, pour la deuxième année consécutive, adopté une motion pour protester contre le fichage des enfants.

L’ampleur de la mobilisation plaide en faveur du respect du principe démocratique.

C’est pourquoi nous vous demandons d’abandonner toute mesure disciplinaire à l’encontre de M. Claude Didier et M. Rémi Riallan.

Nous vous prions de croire, Mesdames, Messieurs, en l’expression de nos salutations sincères.

Signataires :

  • Le CIRBE
  • Le Conseil local FCPE Nicolas Chorier (Grenoble

La lettre

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Soutien aux directeurs refusant Base élèves : rassemblement et conférence de presse mercredi 24 mars 2010 à 14 h

Publié par baseeleves38 le 23 mars 2010

Les syndicats d’enseignants du premier degré, SNUIPP-FSU 38, PAS-UDAS 38, SUD Education, la Fédération de l’Isère de la Ligue des Droits de l’Homme et le Collectif Isérois pour le Retrait de Base Elèves,invitent les parents, enseignants, citoyens, collectifs locaux, syndicats, associations, à se rassembler massivement en

soutien aux directeurs refusant Base élèves

CONFERENCE DE PRESSE

Mercredi 24 mars à 14 h

à la Maison des associations de Grenoble

Rue Berthe de Boissieux (salle des conférences)

VENEZ NOMBREUX !

Mardi 22 mars 2010,

Après les recommandations du Comité des droits de l’enfant de l’ONU de juin dernier, un récent rapport du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies donne une fois de plus raison aux directeurs qui refusent de remplir Base élèves.

Outre les nombreuses craintes exprimés à l’encontre de Base élèves, ce rapport confère le statut de défenseurs des droits de l’homme aux cinq directeurs d’école isérois qui refusent de remplir ce fichier, ainsi qu’à Jean-Yves Le Gall, démis de sa fonction de directeur et muté d’office l’an passé pour les mêmes raisons.

Suite à la publication de ce rapport, le SNUipp-FSU 38, le PAS 38, le CIRBE et la LDH 38 ont immédiatement adressé, le 18 mars 2010, une demande conjointe à l’Inspectrice d’Académie de l’Isère (1) pour que soient levées les sanctions et les nouvelles menaces de sanctions concernant les directeurs isérois refusant Base élèves et (2) pour que les remontées des données concernant les élèves soient à nouveau uniquement chiffrées.

Ce matin, nous avons appris la mise à l’ordre du jour de la CAPD de vendredi prochain, 26 mars 2010, le retrait d’emploi de Claude Didier (école de Prunières) et de Rémi Riallan (école de Séchilienne) dans les questions diverses.

Nous vous invitons donc tous à soutenir massivement les directeurs isérois qui refusent encore de remplir le fichier Base élèves et à montrer votre opposition toujours aussi forte à Base élèves en participant à la conférence de presse organisée mercredi 24 mars à 14 heures à la Maison des associations de Grenoble (salle des conférences).

On ne fiche pas les enfants !

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Lettre ouverte de Claude Didier directeur d’école et défenseur des droits de l’enfant

Publié par baseeleves38 le 25 janvier 2010

Source: http://sauvons-lecole.over-blog.com/article-base-eleve-lettre-ouverte-d-un-directeur-44755509.html

Pourquoi je ne renseignerai pas base élèves.

Lettre ouverte de Claude Didier, directeur de l’école élémentaire de Prunières à sa hiérarchie, lue par lui lors de sa convocation à l’Inspection Académique, en Isère, le lundi 25 janvier 2010.

J’ai choisi le métier d’enseignant pour les missions éducatives et pour viser les progrès de tous les élèves, pas pour devenir un agent de transmission numérique de données sensibles.

J’ai choisi d’être directeur pour mieux travailler en équipe, au service des apprentissages, de l’épanouissement des élèves et du bon fonctionnement de l’école, pas pour devenir, par clé OTP interposée, un organe hiérarchisé de cette transmission.

Enseignant, directeur, je le suis pour les valeurs républicaines et humanistes. Je contribue à inculquer aux élèves de mon école le respect des autres et le respect de la loi. Mes élèves contribuent à élaborer les déclinaisons des lois de la classe et de l’école. Ils sont associés à la résolution des conflits. Je les considère d’abord comme les futurs citoyens qu’ils sont.

Jamais consultés. Je ne comprends pas pourquoi ce qui est au cœur du vivre ensemble à l’école devient soudain étranger à la conception des rapports professionnels au sein de l’Éducation Nationale. Les enseignants n’ont jamais été consultés sur le fichage des élèves ; aucun lieu de débat n’a été envisagé pour discuter de Base Élèves. Aucun débat dans la société sur le fichage des enfants n’a précédé la mise en oeuvre de Base Élèves.

Violences policières. J’ai été témoin, en tant que militant syndical puis en tant que directeur d’école, de violences policières exercées à l’encontre de parents et grands parents d’élèves, d’élus, de citoyens, venus exprimer leur opposition à Base Élèves. En l’absence de débat public sur le fichage des enfants, en l’absence de tout lieu de dialogue sur ce fichage entre l’administration, les enseignants et les usagers du service public, ces violences policières ont marqué pour toujours les victimes de ces violences et l’être humain que je suis.

2000 plaintes. Il semble inconcevable à mon administration, en l’absence de tout débat, d’attendre au moins la fin proche de l’examen de la légalité de Base Élèves par le Conseil d’État ainsi que le traitement de près de 2000 plaintes contre X de parents d’élèves par le procureur de Paris, avant de menacer mes collègues et moi-même de procédure parce que nous refusons de renseigner Base Élèves. Sans même parler des lourdes sanctions financières que nous subissons et dont le Tribunal administratif jugera la légalité.

Intérêt supérieur. Je ne comprends pas pourquoi mon administration s’acharne à me considérer comme refusant d’appliquer les ordres donnés au fonctionnaire que je suis, alors que si j’agis comme je le fais c’est justement parce que Base Élèves et sa mise en œuvre ne respectent pas le droit national ou international.

Je me comporte en professionnel qui prend ses responsabilités en m’opposant à Base Élèves pour protéger les élèves de mon école. Je ne peux pas en même temps appliquer les instructions officielles en termes de prévention des dangers de l’informatique, notamment d’internet, et mettre en œuvre un dispositif qualifié de liberticide par le ministre Darcos.

C’est au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant que je m’oppose en tant que directeur d’école au fichage télématique des élèves. Les sévères recommandations du Comité des droits de l’enfant de l’ONU au gouvernement français au sujet de Base Élèves me confortent dans ce positionnement. C’est parce que j’applique ces recommandations que je suis aujourd’hui menacé dans mes fonctions par mon administration.

[...]

La menace. Je m’interroge sur la communication de mon administration, qui félicite l’immense majorité des directeurs d’école pour avoir finalement renseigné Base Élèves, alors que tout le monde sait qu’une majorité d’entre eux l’a fait sous la contrainte et sous la menace. De nombreux directeurs que je côtoie portent en eux la douleur d’avoir cédé. Ils sont rentrés tête basse dans Base Élèves, déchirés pour longtemps par le dilemme qui leur a été imposé : soit rester fidèles à leurs convictions professionnelles et à la volonté des parents d’élèves, soit ne pas désobéir à l’administration, ce qu’ils ont finalement fait.

Obéir à des ordres manifestement irréguliers. Je m’interroge aussi quand mon administration stérilise encore, au 21ème siècle, les rapports humains en appliquant à la lettre et de manière aveugle ce principe : « Un fonctionnaire, ça obéit. » Bien entendu je ne veux pas cautionner n’importe quoi, n’importe quelles pratiques. Les valeurs républicaines et humanistes doivent encadrer les actes des fonctionnaires comme des citoyens. Mais contraindre les directeurs d’école à obéir à des ordres manifestement irréguliers, peut-être illégaux, en opposition aux conventions internationales, est illégitime.

Ravages. En tant que délégué du personnel, je contribue à alerter mon administration sur les ravages que le fichage, le pilotage autoritaire et la politique du chiffre provoquent sur le terrain. Les enseignants sont profondément perturbés et s’interrogent sur l’avenir de leur métier, en pleine mutation.

Aujourd’hui, l’école n’est plus sereine pour affronter des défis encore plus difficiles qu’hier. L’individualisme et le repli sur soi se développent, au détriment des dynamiques d’équipe. La compétition, qui n’a pas sa place en éducation, gangrène notre service public : obsession des résultats à court terme, classements, pilotage avec l’obsession de la performance, tri très précoce des élèves, primes individuelles en attendant les salaires au mérite.

Traces indélébiles. La confiance dans les capacités d’évolution et de progrès des élèves disparaît avec le déterminisme qu’installe le fichage. Albert Jacquard rappelle qu’il ne serait jamais devenu ce qu’il est si son dossier scolaire ne s’était pas égaré pendant la guerre. Arrivé sans traces dans un nouveau lycée, il a décidé de devenir bon élève et l’est devenu sans obstacles.

Base Élèves associée au livret électronique rend caduques les vertus du temps et de l’éducation. Un mauvais départ ou un accident de parcours seront indélébiles et compliqueront voire compromettront la suite de la scolarité.

Fichage des élèves. Des documents de programmation de l’Éducation Nationale en informatique, des documents liés à la LOLF et les projets de livret électronique font tous état de la volonté de l’Éducation Nationale de généraliser le fichage des élèves sur un plan très large, des compétences du socle commun aux résultats des évaluations nationales, en passant par des compétences extra-scolaires. Peu importe que ces données soient bientôt toutes collectées dans Base Élèves, tout fichier étant par nature évolutif, ou qu’elles demeurent rassemblées dans des fichiers parallèles.

Au détriment de la pédagogie. Dans la formation et dans les animations pédagogiques, les contenus didactiques, la pédagogie et les élèves cèdent la place à la rentrée et à la transmission des données dans des logiciels, au traitement des données, aux statistiques, aux taux de réussite, à la sélection pour l’aide personnalisée et pour les stages de remise à niveau.

A la place du partenariat et d’éventuels échanges d’informations entre professionnels de l’enfance et de la jeunesse, afin d’aider les élèves, c’est désormais une volonté de traçabilité, de déterminisme, de prédiction stigmatisante et de sélection qui se met en place.

Raison d’État. C’est au nom d’une raison d’état que l’on refuse aux parents d’élèves le droit d’opposition au fichage de leurs enfants, contrairement au droit international. Le droit français n’est pas davantage respecté par le fichier Base Elèves.

Le directeur d’école que je suis aimerait savoir sur quel texte de loi s’appuient l’immatriculation des élèves, la Base Nationale des Identifiants Elèves et la conservation de données dans cette base pendant 35 ans.

Régularité ? Par des échanges de courriers début 2009, j’ai interrogé l’Inspectrice d’Académie de l’Isère sur la régularité de l’utilisation des fiches de renseignements ordinaires pour remplir Base Elèves, alors que la très grosse majorité des parents d’élèves de mon école m’avait expressément interdit par écrit de renseigner Base Élèves pour leurs enfants.

L’Inspectrice d’Académie, qui rappelle que les fiches de renseignements ordinaires en version papier constituent malgré tout un fichier, me demande de me servir de ce fichier pour alimenter Base Élèves. Cette démarche de transfert de données est bien une interconnexion. Je suis donc censé mettre en oeuvre une interconnexion irrégulière, non déclarée, en l’absence de connaissance de l’utilisation des données pour Base Élèves au moment où les parents ont rédigé les fiches de renseignements ordinaires.

Quand l’administration écrit : « La tâche d’inscription incombe légalement aux mairies. Dans le cadre du déploiement le directeur se substituera à la mairie tant que celle-ci ne sera pas opérationnelle », sur quelle loi modifiant le code de l’Éducation s’appuie-t-elle ?

Information des parents incomplète. L’information donnée aux parents d’élèves sur les finalités comme sur les contenus est très incomplète. Des données nominatives sur la santé sont fichées.

Interconnexions. Des interconnexions non déclarées existent et vont se développer : la proposition de loi Warssmann, votée en première lecture à l‘Assemblée Nationale, examinée au Sénat, prévoit d’ailleurs l’accès à tout fichier administratif (dont Base Elèves) pour toutes les autres administrations.

Sans attendre le vote définitif de cette loi, le Pôle Emploi, via les Missions Locales, a accès aux données de Sconet, pour le suivi des « décrocheurs », dans le cadre d’une autre loi. Or Sconet, grand frère de Base Élèves, est alimenté par les données de Base Élèves comme le prévoit l’arrêté du ministre Darcos du 20 octobre 2008.

Sans papiers. Je m’inquiète encore du rôle d’agent de transmission de données qu’on veut m’attribuer, au service de ministères autres que celui de l’Éducation Nationale. Car on pourra déceler en tout élève arrivant dans une école à partir du CE1 et ne possédant pas encore d’INE un enfant arrivant d’un pays étranger, et peut-être en situation irrégulière. Mon métier est d’enseigner à tout élève présent sur le territoire français, pas de collaborer à la chasse aux familles sans papiers.

Dérive sécuritaire. La proposition de loi Warssmann, si elle est définitivement adoptée, généralisera le contrôle social de la population et contribuera à la dérive sécuritaire qu’incarne entre autres l’arrivée de vidéosurveillance ou de la biométrie dans les collèges.

On me demande d’être complice d’un système fondamentalement opposé aux valeurs républicaines, c’est éthiquement inacceptable.

Obéissance. Madame, messieurs, madame l’Inspectrice d’Académie, je considère que j’obéis à la loi en cherchant à protéger les enfants.

Je considère que j’obéis au droit, au préambule de la constitution de 1958 ainsi qu’aux conventions européennes et internationales des droits de l’homme et des droits de l’enfant.

Claude Didier, directeur de l’école élémentaire de Prunières

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Pétition de soutien à Jean-Yves Legall: http://www.lapetition.be/en-ligne/soutien-jean-yves-le-gall-4337.html

Publié par baseeleves38 le 22 mai 2009

Jean-Yves Le Gal sanctionné pour l’exemple.

Jean-Yves Le Gall, directeur de l’école élémentaire de Notre Dame de Vaulx (4 classes) en Isère, a toujours dit non au fichage des enfants. Il fait partie des 190 directeurs rassemblés au sein du collectif national de résistance à base élèves qui ont signé un engagement à ne pas renseigner Base Elèves.

On lui a signifié qu’il perdait son poste de directeur au 1er septembre 2009. C’est la première fois qu’une telle sanction est prononcée à l’encontre d’un directeur à qui le seul et unique reproche qui est fait et la non-saisie de base élèves.

UNE TELLE SANCTION EST INACCEPTABLE :

NE TOLERONS PAS QUE LA FONCTION DE DIRECTEUR SOIT REDUITE AU VOLET ADMINISTRATIF DE FICHAGE DES ELEVES.

NE TOLERONS PAS LA PENALISATION DE TOUTE ACTION REVENDICATIVE.

Nous, enseignants, parents d’élève, citoyens n’accepterons pas que Jean Yves Le Gall soit sanctionné au motif qu’il refuse de renseigner ce fichier. Nous demandons qu’il soit rétabli dans sa fonction de directeur d’école.

La pétition:

URL de la pétition : http://www.lapetition.be/en-ligne/soutien-jean-yves-le-gall-4337.html
URL Courte : http://4337.lapetition.be/

Signer la pétition:

- http://www.lapetition.be/sign_petition.php?petid=4337

Autres articles

-http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/lirarticle-252147-1287971.html (Ce Mercredi 27 mai à 10h soyons nombreux à nous rassembler devant l’Inspection Académique de Rodez pour soutenir Josef Ulla directeur de l’ école du Rougier à Montlaur , membre du collectif  aveyronnais contre base-elèves et du collectif national CNRBE...”)

-http://baseeleves38.wordpress.com/2009/02/03/base-eleves-isere-jean-yves-le-gall-sanctionne-pour-ne-pas-avoir-rempli-le-fichier-base-eleves-de-son-ecole/

-http://www.cnt-f.org/fte/article.php3?id_article=2603 (‘…Avec plus de 2500 « désobéisseurs » déclarés, le mouvement contre les mesures Darcos, notamment l’aide personnalisée, la disparition des Rased, la modulation du temps de classe suivant les capacités des élèves, les nouveaux programmes, le fichier Base Élèves, les évaluations nationales ou encore le Service Minimum d’Accueil (SMA), franchit un seuil que les sanctions déjà mises en œuvre ne semblent pas enrayer...’)

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Big Brother Award: Xavier Darcos nominé pour le prix spécial du jury pour l’ensemble de son “oeuvre”: ficher tous les enfants, refuser tout débat national, etc…o

Publié par baseeleves38 le 5 avril 2009

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Source: http://bigbrotherawards.eu.org/spip.php?page=liste-bba&annee=2009

Le Prix Spécial du Jury “pour l’ensemble de son oeuvre” est décerné à des personnes ou des institutions qui, par leur activité inlassable ou leur négligence, ont porté atteinte à la sphère privée, facilitant la violation des droits de la personne ou faisant la promotion de la surveillance de l’individu ou des groupes.
Pour l’année 2009, voici les nominés:
  • Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale: Pour s’obstiner à vouloir ficher tous les enfants en âge de scolarité à travers Base Elèves et BNIE, refusé tout débat national, incité à la destitution des directeurs réfractaires et encouragé à réprimer tout acte de désobéissance dans l’éducation.

  • Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur: Pour son goût immodéré des fichiers de police (+ 70% en 3 ans, dont Ardoise, Edvige, Cristina ou encore Gesterex), mais aussi pour sa “novlangue” avec sa promotion de la vidéosurveillance, ses invitations à la délation et son talent à fabriquer un “ennemi intérieur”.

  • Le groupe de contrôle des fichiers policiers: Sous couvert de “contrôler” les fichiers policiers, ce “groupe” créé de toutes pièces par l’Etat et présidé par Alain Bauer veut en améliorer l’”acceptabilité”, mais vise aussi à neutraliser la CNIL qui avait été créée pour les encadre.

  • Ministère de la Culture: Pour s’entêter à vouloir sacrifier les droits et la vie privée des internautes aux bénéfices d’une poignée d’industriels, renouant avec une justice privée qui occulte l’autorité judiciaire et renverse la charge de la preuve.
- http://bigbrotherawards.eu.org/Xavier-Darcos-ministre-de-l-Education.html (‘ Xavier Darcos n’est pas tout à fait inconnu de nos services. En 2002 alors qu’il était ministre délégué à l’enseignement scolaire, il était nominé et primé pour la manière dont il exploitait le logiciel de recensement des violences scolaires, Signa. Tablant sur « le sentiment d’insécurité » généré par une soi disant augmentation des violences (due à une comptabilisation de faits anodins comme violences) , il appelait à la mise en œuvre de mesures sécuritaires et de dispositifs de surveillance en milieu scolaire. Appelé à nouveau à l’Education nationale en mai 2007, il hérite du dossier Base Elèves 1er degré (BE1D). Sa gestion opaque d’un tel “casier scolaire” a été déjà décrite aux BBA de la précédente édition. Devant la résistance qui s’organise, Darcos commence à plier. Mais ce n’est qu’en juin 2008 qu’il finit par concrétiser la suppression d’une partie des données contestées en affirmant bien tardivement, devant le Parlement : « J’ai trouvé que ce document était profondément liberticide. L’origine sociale des familles, la langue des parents, etc. ne nous intéressent pas. Le fait de les indiquer est inutile et n’est pas conforme à la tradition républicaine de l’école de Jules Ferry (…) » (sic).’…
Egalement à l’actif de Xavier Darcos :
  • Un autre fichier contesté et même contestable légalement : celui des évaluations de CM2 que les professeurs devaient effectuer en catastrophe, fin janvier 2009. Les profs devaient faire parvenir les résultats de leurs classes à l’Académie via un fichier informatique qui n’était pas déclaré dans les règles à la CNIL au moment de son déploiement !
  • Le lancement par la délégation à la Communication du ministère de l’Education nationale (ainsi que celle du Ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur) en octobre d’un appel d’offres pour un dispositif de veille, visant entre autre à « identifier les thèmes stratégiques, repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte, et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau et… anticiper les risques de contagion et de crise. »
  • Quelques sorties mémorables, comme la distribution de médailles pour le baccalauréat ou l’inutilité d’études Bac +5 pour des enseignants de maternelle dont « la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ».
  • La suppression de 6000 postes d’enseignants assurant un soutien scolaire spécialisé aux élèves en grande difficulté (réseau “RASED”), en prétextant que les postes seront “redéployés” pour assurer un soutien scolaire à l’ensemble des élèves (deux heures par semaines, soit 1/2 heure par jour et par classe).
  • La suppression de 13.500 postes justifiée par le fait que les effectifs scolaires seraient en baisse. Une baisse que ne corrobore nullement les études de son propre ministère.
  • Et enfin, il a autorisé la présence policière dans les écoles et multiplié les intimidations écrites pour faire rentrer dans le rang parents d’élèves et enseignants refusant d’appliquer ses “réformes”.

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Communiqué de presse du Collectif national de résistance à Base Elèves

Publié par baseeleves38 le 11 novembre 2008

Une vingtaine de collectifs départementaux contre Base Elèves, représentés par 75 personnes, se sont réunis à Paris ce samedi 8 novembre 2008.

Après l’arrêté du 1er novembre, les collectifs réaffirment leur opposition au traitement automatisé de données à caractère personnel « Base Elèves » mis en place à l’école primaire.

Le point central du dispositif est l’immatriculation de tous les élèves à partir de trois ans. Des documents obtenus récemment dans le cadre d’un recours au Conseil d’Etat montrent que l’objectif premier du ministère est la mise en place de la Base Nationale des Identifiants Elèves, véritable répertoire de la jeunesse dont les données pourront être conservées… 35 ans !

Les collectifs départementaux et les associations présentes ont constitué un Collectif national de résistance à Base Elèves qui demande :

-la destruction immédiate des données enregistrées de façon irrégulière depuis quatre ans.

-la levée des menaces et des sanctions à l’encontre des directeurs d’écoles « réfractaires ».

-la suppression définitive du dispositif Base Elèves.

Le Collectif national appelle les parents à utiliser tous les recours pour empêcher l’inscription forcée de leur enfant dans le fichier. Il appelle les directeurs d’école à se rassembler pour une déclaration publique et solennelle d’objection de conscience. Il appelle l’opinion publique à ne pas accompagner ce pas décisif de l’histoire du fichage qu’est l’immatriculation dès la petite enfance.

Fait à Paris le 8 novembre 2008

Vous pouvez également lire l’article de Rue 89 sur la “veille de l’opinion” demandée par le ministère et la réunion nationale des collectifs le 8 novembre

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CIRBE: Communiqué lu devant l’inspection académique le 30 avril

Publié par baseeleves38 le 9 mai 2008

Depuis que nos écoles sont confrontées à la mise en œuvre du logiciel Base Élèves 1er Degré, parents, enseignants, élus, citoyens se sont inquiétés des conséquences d’un tel dispositif, y voyant de réelles atteintes aux libertés individuelles.

Aujourd’hui, en Isère, les directeurs sont dans l’obligation, sous peine de retrait de salaire, de valider les données au plus tard le 30 avril ou le 30 mai, selon les tranches.

Pourtant, de nombreux Conseils d’écoles ont voté une motion contre Base Élèves.
Pourtant, beaucoup de parents d’élèves ont manifesté leur désaccord en signant la pétition contre Base Élèves.
Pourtant, nombreux sont aussi ceux qui ont adressé un courrier au directeur, à l’Inspecteur Académique et au maire pour leur affirmer leur refus de voir leur enfant pris dans un tel dispositif.
Pourtant, des conseils municipaux dont celui de Grenoble fin mars, ont demandé, par vœux, l’abandon de Base Élèves.
Pourtant, nous étions environ 1000 personnes à Grenoble le 2 avril, à manifester contre ce fichier.
Par ailleurs, un recours gracieux en demande d’annulation d’actes pour excès de pouvoir a été déposé le 14 mars 2008 auprès du Ministère de l’Éducation Nationale.

Toutes ces démarches nous encouragent à poursuivre nos efforts collectivement pour empêcher que nos enfants soient entrés dans Base Élèves.

Ici, en Isère, Le Collectif Isérois pour le Retrait de Base Élèves – le CIRBE – s’est créé pour incarner la montée de ces contestations localement.

Ailleurs, d’autres villes se sont mobilisées, avec en tête Rennes, où la pétition nationale lancée par le CORRESO a recueilli plus de 26 000 signatures demandant le retrait de Base Élèves, mais aussi Marseille, Toulouse, Paris, Lille, Millau, Clermont-ferrand, Valence et bien d’autres villes de France.

Malgré toutes ces protestations, les Inspections Académiques et le Ministère de l’Éducation Nationale persistent à ignorer les parents, les directeurs, les associations, les syndicats et les politiques qui demandent l’arrêt du dispositif.

Face à la mobilisation, l’Inspecteur d’académie use de méthodes litigieuses et inacceptables pour implanter coûte que coûte Base Élèves : formations imposées, pressions morales, transfert informatique des données d’un logiciel à celui de Base Élèves, envoi d’animateurs TICE pour prélever des données sur une clé USB, usage des forces de polices, menaces de retraits de salaires pour les directeurs qui ne valideraient pas les données en temps et en heure.
Ce passage en force confirme nos craintes quant à la finalité même de Base Élèves, premier maillon d’une entreprise de contrôle social qui bafoue les fondements de notre démocratie et s’inscrit en droite ligne de la loi de la prévention de la délinquance, et outil incompatible avec les missions du service public qu’est l’éducation.

Très récemment, le gouvernement a essayé de mettre en place le fichier Ardoise.
Compte tenu du caractère discriminatoire de ce fichier et devant la contestation de nombreuses associations, la Ministre de l’Intérieur annonçait la suspension de cette expérimentation le 22 avril 2008.

Comment ne pas remarquer les similitudes entre le fichier Ardoise et le fichier Base Élèves ? Implantation sur tout le territoire sous couvert d’expérimentation. fichier mis en place dans l’opacité la plus totale, voire dans l’illégalité, recueil de données inacceptables et violant l’intimité de la personne, informations fournies par le fonctionnaire (ici le policier, là le directeur d’école) et non pas par l’intéressé, regroupement de fichiers auparavant distincts, etc, etc.

Allons nous laisser les fichiers, de sinistre mémoire, bafouer notre démocratie ?

Aujourd’hui, une caisse de solidarité vient d’être mise en place pour soutenir les directrices et directeurs qui, au motif de refuser d’être formés au logiciel ou de l’utiliser, s’exposent à ces retraits de salaires.

Nous voyons là l’occasion de réaffirmer notre détermination à lutter de toutes nos forces contre le fichage des enfants, pour une école du respect et non de la stigmatisation, pour une école de la confiance et non pas de la suspicion, notre détermination à lutter de toutes nos forces pour une société où le respect des libertés individuelles n’est pas qu’un voeu pieux…

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La vidéo du 2 avril 2008 contre base élèves à Grenoble

Publié par baseeleves38 le 5 mai 2008

La vidéo du 2 avril 2008 contre base élèves à Grenoble : http://www.youtube.com/watch?v=GWpmgcaC8_c


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Un communiqué de l’Inspection Académique encourageant les actes illégaux

Publié par baseeleves38 le 28 avril 2008

Communication de l’IA du 10 avril

Les écoles concernées par le dispositif Base Elèves cette année scolaire ont reçu ce mail de l’IA :
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Sent: Thursday, April 10, 2008 10:01 AM
Subject: Base Elèves

Madame, Monsieur le Directeur,

Vous trouverez ci-dessous deux informations relatives à la base élèves.

1/ Dans le cadre du déploiement de base élèves (phase 1 et 2), il apparaît que vous rencontrez certaines difficultés avec la fiche de renseignement :

Cas n° 1 : les parents ne souhaitent pas la remplir : vous pouvez saisir toutes les informations obligatoires en votre possession.

Cas n° 2 : Base élèves est renseignée à l’aide d’une “moulinette” de vos propres fichiers : il n’est pas utile de faire renseigner de fiche aux parents.

Dans ces 2 cas, vous devez éditer à l’intention des parents concernés le “dossier étendu” de leur(s) enfant(s).

En cas de désaccord sur les données inscrites dans base élèves, les parents disposent d’un droit de rectification.

2/ Rappel du calendrier :

Ecoles en phase 1 : saisie OBLIGATOIRE des données avant le 30 AVRIL 2008 (conf courrier 10/01/08 )
Ecoles en phase 2 : saisie OBLIGATOIRE des données avant le 30 MAI 2008 (conf mail IA 18/01/08 )

L’équipe de la DOS reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

Cordialement

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L’IA se garde bien de communiquer ce rappel à la loi de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté) :
- « Les parents peuvent-ils vérifier les informations les concernant eux et leur enfant qui sont enregistrées dans la « Base élèves » ?
Oui. Le droit d’accès s’exerce auprès du directeur ou de la directrice de l’école. La « fiche de renseignements » qu’ils doivent remplir lors de l’inscription de l’enfant doit comporter les mentions prévues par la loi « informatique et libertés », à savoir l’objet poursuivi par le fichier, le caractère obligatoire ou facultatif des réponses, les destinataires des données et l’existence du droit d’accès et de rectification. »

Or la fiche de renseignements Base Elèves ne comporte pas ces informations obligatoires !

Certaines écoles, à la demande de l’administration, ont même renseigné Base Elèves sans en avertir les parents d’élèves et sans distribuer la fiche de renseignements Base Elèves, ce qui est illégal !

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Déclarations préalables du PAS 38 à la CAPD du 4 avril

Publié par baseeleves38 le 28 avril 2008

Monsieur l’Inspecteur d’Académie,

De nombreux directeurs, directrices et équipes pédagogiques de l’Isère doutent et souffrent, aujourd’hui. Les nombreux courriers adressés aux inspecteurs et à nous-mêmes témoignent de leur profond désarroi ou de leur exaspération.

Jamais encore, en effet, les enseignants du premier degré n’ont été à ce point confrontés à des ordres qui remettent en question les valeurs pour lesquelles ils ont choisi d’exercer ce métier :

-       de nouveaux programmes qui préconisent pour des élèves exécutants l’empilement des connaissances cloisonnées et la répétition d’exercices coupés de la vie plutôt que, pour des enfants futurs citoyens, la lente construction des savoirs par l’autonomie, le plaisir d’apprendre, le projet, la transversalité, la situation de recherche.

-       l’organisation de stages de remise à niveau à l’efficacité très contestable, qui ont l’effet d’une double peine pour des enfants souvent défavorisés, dont on nie les besoins physiologiques, alors que c’est pendant les heures de classe qu’il faut renforcer l’individualisation et les réseaux d’aide,

-       et enfin la mise en place d’un fichier nominatif centralisé, dont vous tentez de minimiser les effets, mais dont nous sommes nombreux à penser, parents, élus et enseignants, qu’un jour il vous échappera.

Ce dernier point est aujourd’hui le plus douloureux, parce qu’il nous place en conflit de loyauté : d’un côté, servir la fonction publique avec fierté comme nous l’avons toujours fait, de l’autre respecter les libertés individuelles exprimées notamment par nos parents d’élèves.

Entrer dans Base Elèves les renseignements sur les enfants, c’est trahir la confiance des familles. Ne pas les entrer, c’est désobéir à notre administration.

Ce choix cornélien est encore plus déchirant lorsqu’on se retrouve sommé d’entrer dans des locaux encadrés par des policiers, face à des parents d’élèves que souvent l’on connaît. Car il n’y a pas d’un côté les méchants parents gauchistes qui veulent en découdre, et de l’autre les pauvres enseignants pris en otage : il y a avant tout des citoyens qui, au-delà de leurs différences de fonctions et d’opinions, se posent des questions.

Un témoignage d’une collègue : « J’ai été très choquée de ces procédés et de cette présence policière dans le cadre de mon travail. J’apprends tous les jours à mes élèves qu’on ne règle jamais les conflits par la violence, et j’ai avec leurs parents des rapports basés sur le respect. » .

On traite de pessimistes, voire de paranoïaques, les objecteurs à   Base Elèves.

Sont-ils si loin de la vérité quand ils affirment que Base Elèves enferme les élèves dans leurs destins ?

Un autre témoignage, d’un collègue cette fois : « Comment pourrais-je encore concilier les fondements du plus beau métier du monde avec la négation du pouvoir d’évoluer ? Comment pourrais-je encore œuvrer au développement de la personne élève en attachant à l’arrière de son véhicule intellectuel le lest immuable de son déterminisme? Comment croire moi-même et faire croire aux enfants que rien n’est joué d’avance? Comment conserver, contre toutes les tentations passives, la posture fondamentale de l’éducateur et/ou de l’enseignant qui consiste à ne jamais définir ? »
Sont-ils si loin de la vérité quand ils dénoncent Base Elèves comme un élément d’une dérive sécuritaire, ce que prévoit la loi de prévention de la délinquance ?

Sont-ils si loin de la vérité lorsqu’ils pensent que les écoles qui ne fourniront pas de listes d’enfants en difficultés, pour l’organisation des stages comme pour leur signalement dans Base
Elèves, ne pourront prétendre à une quelconque aide de la part de leur administration ?

Sont-ils si loin de la vérité lorsqu’ils craignent que Base Elèves devienne un de ces vecteurs d’évaluation des écoles, au nom d’une farouche mise en concurrence ?

Sont-ils si loin de la vérité quand ils remarquent que les modalités des interventions policières varient en fonction du statut des témoins présents : élus, IEN, représentants du personnel, médias ?

Les objecteurs à Base Elèves, car il s’agit bien d’une objection de conscience, agissent conformément aux dispositions de l’article  28 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et stipulant qu’un fonctionnaire ne doit pas se conformer à un ordre manifestement illégal ou de nature à compromettre gravement un intérêt public.

Placés dans une situation de soumission avec des pressions, des harcèlements, des menaces de sanction pour service non fait (ce qui reste à prouver), des ordres pour le moins illégitimes, dont nous contestons le bien-fondé, bon nombre de nos collègues sont dans un état psychologique totalement incompatible avec la sérénité dont ils ont besoin pour travailler efficacement.

Nous vous demandons, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, de ramener un climat de confiance propice au travail dans les écoles de notre département, et cela dans l’intérêt de nos élèves.

Le 4 avril 2008 Les délégués du personnel du PAS 38.

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