Davantage d’informations concernant la lutte contre Base élèves sont désormais publiées sur le blog du Collectif National de Résistance à Base Elèves
Blog national
Posté par baseeleves38 le 5 janvier 2009
Publié dans Base élèves, Resistance | Commentaires Fermés
Résistance: discours d’Alain Refalo au Plateau des Glières en Haute-Savoie le 17 mai 2009: “En conscience, nous refusons d’obéir !
Posté par baseeleves38 le 22 mai 2009
Source:http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/lirarticle-252147-1281977.html
voir les vidéos :http://www.fsd74.org/spip.php?article2291
Dimanche 17 mai, au plateau des Glières en Haute-Savoie, devant 4 000 personnes rassemblées à l’invitation de l’association Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui, plusieurs personnalités de la Résistance, dont Raymond Aubrac, Stéphane Hessel et Walter Bassan, ainsi que le Dr Michaël Guyader et Alain Refalo se sont exprimées pour témoigner des valeurs communes qui les animent dans les combats pour la justice, la solidarité et la dignité humaine.
Ce gouvernement applique à l’école les bonnes vieilles recettes de l’économie de marché. La formation des élèves est assimilée à une marchandise, les parents d’élèves sont considérés comme des clients et l’école devient ainsi une vaste entreprise soumise à la loi de l’offre et de la demande. On ne travaillera plus pour l’épanouissement et le développement de l’élève, mais pour la réussite aux évaluations et pour la satisfaction des parents. La recherche à tout prix de résultats chiffrés pour alimenter les statistiques, l’efficacité et la rentabilité deviennent les valeurs suprêmes. Au nom de ces valeurs, on formate les esprits des élèves et des enseignants à se situer dans une logique individuelle de la réussite au détriment de tout projet collectif.
Il faut ajouter à ce changement de valeurs, les bouleversements structurels induits par le désengagement de l’Etat dans l’Education Nationale : la suppression de plusieurs dizaines de milliers de postes, et notamment les postes d’enseignants spécialisés du RASED, le recrutement d’enseignants vacataires pour assurer les remplacements, la création de jardins d’éveil qui, progressivement, vont se substituer à l’école maternelle, le démantèlement de la formation pédagogique initiale des jeunes enseignants avec la disparition des IUFM et enfin la transformation des écoles en EPEP (Etablissements Public d’Enseignement du Primaire) qui seront sous la coupe des communes. Le service public d’éducation a vécu. L’Etat ne sera plus le garant de la qualité du service sur tout le territoire.
A travers cette école publique que l’on veut privatiser et que l’on déconstruit, c’est toute la société qui est menacée de délitement. L’école est le ciment de la République. En s’attaquant frontalement à l’école, c’est à la République que ce gouvernement s’attaque.
Alors, il est des moments dans une existence où le silence devient complicité avec l’injustice. Il est des moments où obéir passivement et appliquer les lois et les décrets sans discernement constituent un reniement profond des valeurs qui nous animent. Il est des moments où la désobéissance devient inéluctable pour ne pas participer soi-même au mal que l’on condamne. Il nous est rappelé que nous devons être des fonctionnaires obéissants, nous avons fait le choix d’être des fonctionnaires responsables, lucides, comptables de nos actes. Nous savons, même si comparaison n’est pas raison, que l’obéissance inconditionnelle aux ordres des supérieurs peut aboutir aux pires situations d’injustice. Ce qui veut dire qu’un fonctionnaire doit être un homme avant d’être un sujet, un homme qui obéit aux exigences de sa raison et de sa conscience avant de se soumettre aux ordres et aux injonctions de l’Etat.
Alors, le 6 novembre 2008, je décide d’écrire à mon inspecteur de l’Education Nationale pour l’informer qu’ « en conscience, je ne puis plus me taire, en conscience, je refuse d’obéir ! ». Dans cette lettre, je lui fais savoir que je refuse de participer par ma collaboration active ou mon silence complice au démantèlement programmé de l’Education nationale. Je lui précise que je n’appliquerai pas les dispositifs pédagogiques qui me sont imposés car ils heurtent profondément ma conscience d’enseignant.
Permettez que je cite un court extrait de cette lettre : « Si aujourd’hui je décide d’entrer en résistance et même en désobéissance, c’est par nécessité. Pour faire ce métier, il est important de le faire avec conviction et motivation. Aujourd’hui, c’est parce que je ne pourrais plus concilier liberté pédagogique, plaisir d’enseigner et esprit de responsabilité qu’il est de mon devoir de refuser d’appliquer ces mesures que je dénonce. Je fais ce choix en pleine connaissance des risques que je prends, mais surtout dans l’espérance que cette résistance portera ces fruits. J’espère que, collectivement, nous empêcherons la mise en œuvre de ces prétendues réformes. »
En écrivant cette lettre, je me suis souvenu des mots d’Albert Camus : un homme révolté est « un homme qui dit non », mais c’est aussi « un homme qui dit oui dès son premier mouvement ». Par ce que je refuse, j’exprime explicitement ce à quoi j’aspire, ce que je veux. En effet, cette objection de conscience que je manifeste, qui dit non, qui affirme un refus s’affiche d’emblée comme une action positive, constructive, tournée vers l’avenir. C’est pourquoi j’informe mon inspecteur qu’en toute responsabilité, je mettrais en place des dispositifs alternatifs à ceux qui me sont imposés afin de rester fidèle au sens profond de la mission qui m’a été confiée, c’est-à-dire la réussite de tous les élèves.
La lettre diffusée largement sur internet suscite alors l’assentiment de nombreux enseignants du primaire, signe que le temps était venu d’entendre une autre voix qui propose une résistance audacieuse. En quelques semaines, ce sont des centaines, puis des milliers de professeurs des écoles qui entrent à leur tour en résistance et en désobéissance ouvertes en écrivant à leur inspecteur. Ils sont devenus des « désobéisseurs », c’est-à-dire des enseignants qui affichent ouvertement leur désobéissance, l’assument, la revendiquent en prenant le risque de la sanction. « En conscience, nous refusons d’obéir ! », avons-nous écrit collectivement au ministre au mois de janvier. Ce ministre ne nous a jamais répondu, a traité notre démarche par le mépris, a toujours minimisé notre mouvement et a même tenté de le discréditer en l’accusant d’être manipulé par des groupuscules politiques !
Au fil des mois, ce mouvement n’a cessé de se développer. Les enseignants en résistance annoncent qu’ils continuent à travailler dans l’esprit des anciens programmes qui favorisent la construction de la pensée et des apprentissages, ils refusent d’appliquer le dispositif de l’aide personnalisée qui stigmatise les élèves en difficulté et ils mettent en place des dispositifs alternatifs pour tous les élèves, des enseignants résistent à la passation des évaluations nationales qui serviront bientôt à la mise en concurrence des établissements scolaires. Des directeurs d’école refusent de renseigner le fichier du contrôle social Base Elèves.
Ce sont aujourd’hui 3 000 enseignants du primaire en désobéissance pédagogique et plusieurs dizaines de milliers qui sont en résistance sans l’afficher ouvertement. Cette nouvelle force non-violente qui est née n’est pas prête de retomber !
Cette désobéissance est peut être un signe des temps. Des enseignants, des fonctionnaires de la République qui entrent en insoumission ouverte alors que de par leur statut ils sont contraints à l’obéissance, n’est-ce pas le signe que nous vivons un moment particulièrement grave de l’histoire de notre démocratie ? N’est-ce pas le signe que l’heure est venue où les exigences de la conscience doivent prévaloir sur les ordres, les injonctions, les lois qu’il nous faut appliquer sans discuter ? N’est-ce pas le signe que le temps est venu de nous réapproprier le pouvoir de la pensée pour nous élever dignement contre les méthodes arbitraires de ce pouvoir, méthodes qui dénaturent les principes d’une démocratie respectueuse des opinions, des idées et plus largement de l’intelligence des citoyens ?
Cette désobéissance a un prix. Dès le départ, nous savions que nous encourions des risques professionnels importants. Certains ont vu la promotion à laquelle ils avaient droit retardée. Plusieurs dizaines d’entre nous ont été sanctionnés par des retraits de salaire, deux jours de retrait par semaine depuis le mois de janvier pour ce qui me concerne alors que j’effectue l’intégralité de mon service devant les élèves.
A Marseille, deux enseignants se sont vus retirer 32 jours de salaire pour le premier trimestre de l’année 2009. Cette répression disproportionnée n’a pas entamé notre détermination. Dans la démarche de la désobéissance civile, la répression n’est pas un échec, mais une reconnaissance. L’administration, en sanctionnant durement, reconnaît que cette action l’inquiète et admet qu’elle constitue une véritable menace. Mais cette répression, nous l’avons retournée à notre avantage car elle nous a permis de populariser la cause de l’école publique en danger et de susciter le soutien des parents d’élèves et plus largement de l’opinion publique à notre démarche. Des caisses de solidarité se sont mises en place pour nous aider à poursuivre sans faiblir cette résistance.
Nous n’avons pas cédé, et nous ne cèderons pas. Ce mouvement de résistance des enseignants du primaire est porteur d’une exigence éthique conjuguée à un engagement professionnel et pédagogique qu’aucun pouvoir ne pourra briser. Nous continuerons, avec le soutien des parents d’élèves, des citoyens et des élus à défendre l’école publique, aujourd’hui menacée par des lois et des décrets scélérats. Nous ne faiblirons pas dans notre résistance. Plus ils nous sanctionneront, plus nous résisterons.
Le 21 avril dernier, nous avons solennellement appelé à une insurrection des consciences, à une insurrection non-violente de la société civile pour sauver l’école de la République, de la maternelle à l’université. Ce pouvoir autoritaire impose des réformes brutales qui violent les consciences, affaiblissent les services publics et remettent en cause le pacte social de solidarité issu de la Résistance. Ce gouvernement a délibérément choisi l’intimidation, la répression et la peur pour étouffer toute velléité de résistance sociale d’envergure. Alors je le dis avec gravité : notre responsabilité est de ne pas tomber dans le piège de la violence que le pouvoir nous tend. Le principe de Gandhi qui énonce que la fin est dans les moyens comme l’arbre dans la semence est plus que jamais d’actualité. Seuls des moyens justes, c’est-à-dire non-violents, pourront servir notre juste cause. Face à la violence des situations d’injustice que la politique de ce gouvernement génère, nous devons porter l’exigence d’une révolte éthique et politique qui refuse toute légitimité à la violence.
Comme l’écrivait si bien le grand Albert Camus, dans l’une des périodes sombres de notre histoire, « il s’agit de servir la dignité de l’homme par des moyens qui restent dignes au milieu d’une histoire qui ne l’est pas. » Notre responsabilité est désormais de résister radicalement à la violence du pouvoir, mais sans nous renier, en étant fidèles aux valeurs de respect de l’humanité de l’homme.
Oui, l’heure est grave ! Il est minuit moins cinq dans la nuit où le gouvernement a programmé la mort de l’école de la République. Il n’est pas fatal que cette heure sonne ! Pour sortir de la culture de la violence et de la guerre qui domine notre histoire, notre civilisation, nous avons plus que jamais besoin d’investir dans l’éducation et dans l’école pour former des esprits libres, responsables qui sauront faire prévaloir les exigences de la raison, de la pensée contre toutes les idéologies discriminatoires, les idéologies du racisme et de l’exclusion qui portent la violence et la guerre dans leurs gènes.
L’école ne devra jamais être un lieu de soumission à l’idéologie dominante du marché, de la consommation, et de la violence, mais devra être un espace où l’on apprend à résister à la haine, à l’intolérance, à la violence, un lieu où l’on apprend le respect, le vivre ensemble et la non-violence. Cette école citoyenne, elle reste à inventer et à construire.
Pour que cette école que nous appelons de nos vœux voit le jour, encore faut-il que nous y croyons nous-mêmes. Car sans l’espérance d’un à-venir, nous sommes condamnés de façon certaine à subir un aujourd’hui qui prépare des lendemains qui déchantent ! Nous n’avons plus le choix. Aurons-nous l’audace de résister aux forces conservatrices qui véhiculent l’idée d’une éducation soumise à la loi du marché ? Aurons-nous l’audace de refuser une école de la discrimination, de la compétition et de la sélection ? Aurons-nous l’audace de nous mobiliser pour que l’école demeure un lieu d’épanouissement, de coopération et de rencontre de l’autre ? Aurons-nous l’audace de prendre des risques pour défendre l’école issue des Lumières, école sans laquelle aucune société démocratique digne de ce nom n’est possible ? Aurons-nous l’audace de vivre dès aujourd’hui notre rêve d’une école qui émancipe et qui élève, sans attendre « le grand soir » ? Aurons-nous l’audace de faire les premiers pas qui réveilleront les consciences endormies ? Aurons-nous l’audace de traduire dans les actes le mot « résistance » pour sauver l’école de la République ? Oui, c’est « de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! » dont nous avons besoin pour être à la hauteur du défi qui nous a été lancé par ce pouvoir.
L’avenir de l’école dépend de nous tous ! Ce combat sera rude, mais il ne peut être perdu, car ce serait la défaite d’une certaine idée de la civilisation. Nous avons besoin du soutien des Résistants de la première heure, eux qui ont écrit l’une des plus belles pages de l’histoire de notre pays. Nous avons besoin du soutien des citoyens et des élus, car seuls nous ne gagnerons pas. Ne nous résignons pas, ayons confiance en nous-mêmes, et si tous ensemble nous disons « nous le pouvons », alors j’en suis persuadé, nous le ferons ! Oui, la victoire de l’école publique et laïque est possible, si nous le décidons !
Publié dans 2009 | Taggé: 17 mai 2009, Alain Refalo, Haute-Savoie, Plateau des Glières | Laisser un commentaire »
Ce qui se cache encore derrière Base élèves
Posté par baseeleves38 le 13 mai 2009
Par Claude Didier, directeur d’école dans l’Isère [1].
À ceux qui imaginent que Base-Élèves est devenu inoffensif depuis l’arrêté du 20 octobre 2008, il suffit de répondre qu’avec l’INE, Identifiant National Élève, et avec la Base Nationale des Identifiants Élèves, qui conserve les données pendant 35 ans, l’État a prévu l’outil caché parfait, aux finalités inchangées : ficher la jeunesse pour mieux la contrôler.
Un exemple : tout nouvel arrivant en France sera immédiatement repéré puisqu’il ne disposera pas d’INE. Allô la préfecture ?
Il suffit d’évoquer les nombreux croisements de fichier déjà amorcés. Savez-vous par exemple:
- qu’une assistante sociale ne peut plus aider une famille dans le besoin sans la ficher ?
- Qu’un maire, dans le cadre de la loi dite de « prévention de la délinquance », a tout pouvoir pour ficher sa population ? Lui transmettre les cas d’absentéisme n’a plus pour but d’aider une famille à mieux percevoir l’intérêt d’une fréquentation scolaire régulière (prévention), mais de ficher et de faire retirer les allocs (répression).
Entre parenthèses, si vous vous contentez de signaler les cas d’absentéisme à l’IA [2], celle-ci est tenue de transmettre au maire…Il suffit de faire rentrer par la fenêtre ce qu’on a fait sortir par la porte. Les données retirées de Base-Élèves réapparaissent trop discrètement : livret électronique, fichier des élèves en difficulté… [3,http://retraitbaseeleves.wordpress.com/2009/05/04/livret-scolaire-numerique/ ].
Le maillon manquant du fichage généralisé, c’était les écoles : c’est chose – presque – faite. Presque, car nous ne voulons pas devenir des agents de fichage et nous ne voulons pas de déterminisme imposé à nos élèves.
Mais Base-Élèves répond encore à bien d’autres objectifs
Un marché de la sécurité se développe. Pensons à l’appel d’offre pour les clés OTP [4], au coût supérieur à 3 millions d’euros. Pensons à celui de la surveillance de l’opinion des enseignants, pour la première fois confiée non plus aux RG mais à une entreprise privée. Pensons au marché des caméras de surveillance, de la biométrie, de la publicité interactive. Pensons au marché des logiciels qui permettent, par exemple, de relier biométrie et Sconet [5]. En attendant le fichage généralisé de l’ADN dès la naissance (qui existe en Islande je crois) et les puces sous-cutanées qu’on a tort d’imposer au bétail (au-delà du danger pour la santé) car ce qui est bon pour les bêtes le sera un jour pour nous aussi. Rien de tel pour développer le marché du tout sécuritaire que d’habituer la jeunesse en banalisant de tels outils sur les lieux mêmes de l’éducation, perversité suprême à laquelle participe pleinement Base Élèves.
Comme l’écrit Jean-Claude Roulin [6], du CNRBE, « la surveillance de la population est consubstantielle et indispensable au libéralisme économique ».
La pédagogie de la transmission va de pair avec le codage binaire des résultats des élèves, méthode prétendument scientifique et objective. Nous, éducateurs pédagogues, connaissons les conséquences terribles de cette pédagogie stérilisante, formant des sujets dociles et individualistes. Mais la rapidité et l’enthousiasme avec lesquels les éditeurs ont anticipé les nouveaux programmes Darcos (eux-mêmes dictés par des lobbies obscurs voire obscurantistes) en disent long sur les perspectives du marché du gavage des oies. Déjà des outils d’aide personnalisée voient le jour. L’entonnoir sera offert pour toute commande de manuels « à l’ancienne » ? La nature ayant horreur du vide, la suppression des RASED [7] fait de la place au marché privé de l’aide aux élèves en difficultés, qui le seront encore plus avec la pédagogie frontale. Tout ceci est cohérent.
La pédagogie que nous pratiquons, celle de l’épanouissement, de la créativité, de l’émancipation et de la solidarité, est une entrave au libéralisme, du point de vue intellectuel comme du point de vue économique. N’oublions pas que l’Union Européenne s’est donné comme objectif d’ouvrir un grand marché de l’éducation, en privatisant au maximum les écoles et en développant les « outils éducatifs » du futur, ceux du MEDEF. Un ordinateur et des batteries d’exercices abêtissants à consommer, voilà les perspectives de formation du 21ème siècle. L’enseignant contrôlera le bon fonctionnement des machines et le bon enregistrement des résultats. C’est là que l’on retrouve la nécessité du fichage des élèves… pour faire des économies, pour programmer des batteries d’exercices personnalisés « scientifiquement » et pour rendre caduque des décennies de recherche et de progrès pédagogiques. Au lieu d’éduquer nos élèves à se méfier des pièges d’internet et notamment de l’autofichage, nous les formatons à l’acceptation de Big Brother.
Le développement du marché de l’éducation va de pair avec la réduction de la dépense publique (LOLF [8], RGPP [9]). Grâce à la transmission verticale des savoirs, à l’outil informatique, au fichage et à la traçabilité des élèves, plus besoin d’un enseignant pour une vingtaine d’élèves (rêvons). Il suffira d’un pour quarante ou cinquante ; le télétravail pourrait également permettre, avec la rotation des classes, de limiter le nombre de salles nécessaires. D’où l’intérêt des EPEP [10], pour renforcer le poids de la hiérarchie et son pilotage de proximité, pour se doter à une plus grande échelle de plus grandes salles, de parcs informatiques plus performants tout en réduisant le nombre de classes et d’enseignants, tout en anonymisant l’enseignement dans des écoles-usines éloignées de la vie des quartiers ou des villages. Le poids des élus dans les CA des EPEP n’est pas sans lien avec le souci de dépossession imposée aux pédagogues de la pédagogie. Projets et partenaires privés iront de pair avec fichage et traçabilité.
Base-Élèves est tout à fait utile pour avancer à grand pas vers le statut de chef d’établissement du 1er degré (EPEP), les directeurs étant seuls habilités à ficher les élèves, à posséder la clé OTP, même dans leur vie privée, les directeurs étant seuls exposés en cas de résistance…
Base-Élèves est donc un excellent outil pour faire disparaître la dimension humaine de l’Éducation. Tout devient élément d’un dispositif sécuritaire, économique et politique. Base-Élèves est indispensable à la société déshumanisée de la compétition capitaliste exacerbée.
C’est aussi pour cela que nous ne l’acceptons pas.
C. D.
Lire aussi un précédent article du 17 février sur La recherche de personnes par base élèves.
D’autres informations sur la lutte contre Base élèves dans l’Isère
——
- Membre du CNRBE, il fait partie des 190 refuzniks qui refusent de renseigner ce fichier
- NDLR : Inspection académique.
- NDLR : On lira avec profit l’excellent article de Stéphanie Pouget, militante de la LDH.
- NDLR : OTP pour « One Time Password ». Mot de passe à usage unique ; technologie mise en œuvre basée sur une clé générant des codes aléatoires à une fréquence régulière, dont la combinaison avec un code PIN aboutit au mot de passe que l’utilisateur saisit lors de son authentification.
- NDLR : Fichier informatique pour le second degré.
- NDLR : Dans le cadre d’un échange de courrier sur la liste de discussion du CNRBE.
- NDLR : Réseau d’aide et de soutien aux élèves en difficulté.
- NDLR : Loi organique relative aux lois de finances.
- NDLR : Révision générale des politiques publiques
- NDLR : Établissements publics d’enseignement primaire.
Publié dans 2009, Analyses, Base élèves, Isere | Taggé: Claude Didier, livret scolaire numérique, prévention de la délinquance | Laisser un commentaire »
Big Brother Awards: « Prix de la Vigilance » pour l’Appel des directeurs d’école contre Base-élèves
Posté par baseeleves38 le 6 avril 2009
Sources:
- http://bigbrotherawards.eu.org/Les-decorations-promotion-2009.html
- http://retraitbaseeleves.wordpress.com/2009/04/05/big-brother-awards-resultats/
- http://bigbrotherawards.eu.org/L-appel-des-directeurs-d-ecole-contre-Base.html (‘Après une première vague de résistance en 2006 en Ile-et-Vilaine, les opposants au fichier Base-élèves se sont constitués en collectif national en novembre 2008. L’un des directeurs “refuznik”, Jean-Yves Le Gall en Isère, a clairement été menacé d’être destitué de son poste de direction s’il n’obtempérait pas. D’autres convocations sont attendues d’ici la fin de l’année scolaire. Depuis le lancement du CNRBE, les directeurs “refuzniks” ont décidé de lancer un Appel à la résistance. En mars 2009 plus de 180 directrices ou directeurs du premier degrè ont rejoint cet appel. Ils refusent toujours de renseigner ce fichier, ne se rendent pas aux convocations pour des séances de “formation”, refusent leur “clé OTP” (le sésame électronique censé assurer un accès sécurisé, que les personnels doivent s’engager à conserver à tout moment), et encouragent leurs collègues à faire de même’)
Publié dans 2009, Big Brother Awards (BBA) | Taggé: Appel des directeurs, Big Brother Awards (BBA) | Laisser un commentaire »
Big Brother Award: Xavier Darcos nominé pour le prix spécial du jury pour l’ensemble de son “oeuvre”: ficher tous les enfants, refuser tout débat national, etc…o
Posté par baseeleves38 le 5 avril 2009
Source: http://bigbrotherawards.eu.org/spip.php?page=liste-bba&annee=2009
- Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale: Pour s’obstiner à vouloir ficher tous les enfants en âge de scolarité à travers Base Elèves et BNIE, refusé tout débat national, incité à la destitution des directeurs réfractaires et encouragé à réprimer tout acte de désobéissance dans l’éducation.
- Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur: Pour son goût immodéré des fichiers de police (+ 70% en 3 ans, dont Ardoise, Edvige, Cristina ou encore Gesterex), mais aussi pour sa “novlangue” avec sa promotion de la vidéosurveillance, ses invitations à la délation et son talent à fabriquer un “ennemi intérieur”.
- Le groupe de contrôle des fichiers policiers: Sous couvert de “contrôler” les fichiers policiers, ce “groupe” créé de toutes pièces par l’Etat et présidé par Alain Bauer veut en améliorer l’”acceptabilité”, mais vise aussi à neutraliser la CNIL qui avait été créée pour les encadre.
- Ministère de la Culture: Pour s’entêter à vouloir sacrifier les droits et la vie privée des internautes aux bénéfices d’une poignée d’industriels, renouant avec une justice privée qui occulte l’autorité judiciaire et renverse la charge de la preuve.
- Un autre fichier contesté et même contestable légalement : celui des évaluations de CM2 que les professeurs devaient effectuer en catastrophe, fin janvier 2009. Les profs devaient faire parvenir les résultats de leurs classes à l’Académie via un fichier informatique qui n’était pas déclaré dans les règles à la CNIL au moment de son déploiement !
- Le lancement par la délégation à la Communication du ministère de l’Education nationale (ainsi que celle du Ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur) en octobre d’un appel d’offres pour un dispositif de veille, visant entre autre à « identifier les thèmes stratégiques, repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte, et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau et… anticiper les risques de contagion et de crise. »
- Quelques sorties mémorables, comme la distribution de médailles pour le baccalauréat ou l’inutilité d’études Bac +5 pour des enseignants de maternelle dont « la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ».
- La suppression de 6000 postes d’enseignants assurant un soutien scolaire spécialisé aux élèves en grande difficulté (réseau “RASED”), en prétextant que les postes seront “redéployés” pour assurer un soutien scolaire à l’ensemble des élèves (deux heures par semaines, soit 1/2 heure par jour et par classe).
- La suppression de 13.500 postes justifiée par le fait que les effectifs scolaires seraient en baisse. Une baisse que ne corrobore nullement les études de son propre ministère.
- Et enfin, il a autorisé la présence policière dans les écoles et multiplié les intimidations écrites pour faire rentrer dans le rang parents d’élèves et enseignants refusant d’appliquer ses “réformes”.
Publié dans 2009, Actualités, Base élèves, Big Brother Awards (BBA), Fichage, Resistance | Taggé: Xavier Darcos, Xavier Darcos prix spécial du jury | Laisser un commentaire »
Dépôt de plainte contre Base Elèves
Posté par baseeleves38 le 25 mars 2009
Dépôt de plaint contre Base Elèves
11 plaintes contre base élèves ont été déposées par des parents le 25 mars au Tribunal de Grande Instance de Grenoble. Voir le reportage de FR3.
Les personnes qui souhaitent porter plainte en Isère pourront :
- l’apporter en 2 exemplaires au 6ème étage du Palais de justice de Grenoble, (quartier Europole) uniquement l’après-midi,
- l’envoyer en lettre recommandée avec accusé de réception au Procureur de la République, Place Firmin Gautier 38000 Grenoble,
- ou la déposer en 3 exemplaires au cabinet de Claude COUTAZ – avocat – 3, rue Pierre Duclot, 38000 GRENOBLE.
Joindre les justificatifs de l’identité du plaignant (photocopie de la carte d’identité), et si possible de la scolarité de l’enfant ainsi que tout renseignement utile (fiche Base élèves, par exemple).
Les personnes d’autres départements pourront l’apporter en 2 exemplaires au Tribunal de Grande Instance de leur secteur ou prendre contact avec un avocat de leur secteur.
Publié dans 2009, Base élèves, Dépot de plainte, Grenoble, Isere, Outils, Resistance | Laisser un commentaire »
Rassemblement samedi 14 mars à Notre-Dame de Vaulx
Posté par baseeleves38 le 10 mars 2009
Le rassemblement de Notre-Dame de Vaulx a réuni près de 300 personnes devant l’école dont Jean-Yves Le Gall, premier directeur menacé de retrait d’emploi en France pour son refus de Base élèves, est directeur.
Plusieurs organisations et individus ont pris la parole pour lui exprimer leur soutien. Puis, une table ronde a eu lieu en présence d’une centaine de personnes, avec les interventions d’un informaticien, d’une assistante sociale, d’une pédiatre et d’une représentante de la Ligue des Droits de l’Homme. La diversité de ces intervenants a permis de saisir la question du fichage d’une manière plus globale. Le débat qui s’en est suivi a permis d’élargir le questionnement au contrôle policier de la population et à la gestion technocratique de la société humaine, sans perdre pour autant de vue les questions concrètes telles que : “en quoi cela affecte-t-il nos vies” ou “comment pouvons-nous nous y opposer ?”
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Tous fichés… les enfants d’abord
Posté par baseeleves38 le 6 mars 2009
Actuellement, le fichage de la population s’intensifie de semaine en semaine. Les mesures sans concertation, les menaces et les sanctions aussi. L’enjeu ? Un véritable contrôle social de la population qui se met en place grâce à la multiplication et les interconnexions de tous ces fichiers.
A travers l’école qui institue l’obligation scolaire, les enfants et les jeunes sont devenus l’une des cibles privilégiées de ce nouveau contrôle social. Un “Safari des pauvres” est également en train de voir le jour.
Les citoyens commencent à se réveiller sur le formidable outil que représente le fichage. Mais les interconnexions qui se multiplient empêcheront très vite toute veille citoyenne.
Les directeurs qui refusent Base élèves jouent un rôle fondamental contre le fichage et le contrôle de la population actuellement mis en oeuvre. Il est donc fondamental de leur apporter notre soutien et de les conforter dans la lutte qu’il mènent quotidiennement, depuis des mois, contre ce fichier.
Après le très gros rassemblement du 29 janvier devant l’Inspection Académique de l’Isère et la Commission Administrative Paritaire Départementale du 3 février, qui a confirmé les menaces qui pèsent sur l’emploi de direction de Jean Yves Le Gall, directeur de l’école élémentaire de Notre Dame de Vaulx, un nouveau rassemblement de soutien est prévu le samedi 14 mars à 10h 30 à Notre Dame de Vaulx (près de La Mure).
Ce rassemblement sera l’occasion de donner la parole à des directeurs d’école, à des syndicalistes, à des parents d’élèves et à des élus qui, tous, refusent Base élèves.
Une table ronde publique sur le thème du fichage de la jeunesse est prévue à 11h 00. Un avocat, des informaticiens, une assistante sociale, un sociologue, un pédiatre et un représentant de la Ligue des Droits de l’Homme ont été invités à y participer.
Les débats s’articuleront autour de trois thèmes principaux : l’autoritarisme de la mise en œuvre de ces nouveaux fichiers, les dangers de ce fichage pour les libertés et les moyens de s’y opposer. Les personnes invitées à cette table ronde permettront d’enrichir les débats par leurs connaissances dans des domaines variés.
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Base élèves : le Comité des droits de l’enfant (‘Committee on the Rights of the Child’) des Nations Unies demande des précisions à la France
Posté par baseeleves38 le 24 février 2009
Sources
Article de la rubrique Big Brother > le fichage des jeunes, date de publication : vendredi 20 février 2009
En vue de l’examen des troisième et quatrième rapports périodiques de la France (CRC/C/FRA/4), prévu au cours de la session du 25 mai au 12 juin 2009, le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies a établi une liste de renseignements supplémentaires que l’État est invité fournir, si possible avant 6 avril 2009 [1].
Le fichage des enfants en général, et notamment Base élèves, figurent parmi les points pour lesquels le comité demande des précisions.
En effet voici un extrait de ce document [2] :
I – 6. Veuillez préciser les différentes banques de données dans
lesquelles les informations personnelles sur les enfants sont collectées,
stockées et/ou conservées. S’agissant en particulier du dispositif «
Base-élèves 1er degré » veuillez préciser à quelle mission de service
public servira le stockage au niveau national de données nominatives et
indiquer les raisons pour lesquelles le droit d’opposition prévu par la
loi ne s’applique pas à ce dispositif. Veuillez également informer le
Comité des conséquences éventuelles que pourrait entraîner le refus des
parents de fournir les informations requises sur leurs enfants.
Selon toute vraisemblance, cette demande fait suite au dossier que le Collectif national de résistance à Base élèves (CNRBE) a adressé au Comité des droits de l’enfant le 19 décembre 2008 [3].
Pour le collectif, ce fichier est « contraire aux droits fondamentaux de l’enfant, et en particulier à la prise en compte de l’intérêt supérieur de l’enfant (art. 3), au droit de l’enfant d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant (art.12), à son droit de ne pas faire l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée et celle de sa famille (art. 16), et enfin au droit de l’enfant à l’éducation (art. 28) » [4]. A suivre… Notes
[1] Référence : http://www2.ohchr.org/english/bodies/crc/crcs51.htm.(‘Committee on the Rights of the Child’)
[2] Référence : http://www2.ohchr.org/english/bodies/crc/docs/AdvanceVersions/CRC-C-FRA-Q4_fr.doc (Convention relative aux droits de l’enfant)
[3] Ce dossier est téléchargeable sur le site du CNRBE : http://retraitbaseeleves.wordpress.com/.
[4] Le site du CNRBE : http://retraitbaseeleves.wordpress.com.


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CONTRUISONS ENSEMBLE LA CONVERGENCE DES LUTTES
Posté par baseeleves38 le 19 février 2009
La mobilisation du 29 janvier a été un premier succès. Pour défaire les réformes libérales qui touchent tous les secteurs de la société, battre la politique du gouvernement et du MEDEF, nous devons unir nos forces : Collectifs, syndicats, coordinations, salariés du privé, du public, précaires, chômeurs, étudiants, lycéens… Face aux attaques globales, il faut une riposte globale. La Journée annoncée du 19 mars doit permettre d’amplifier la mobilisation. Nous n’avons pas à payer leur crise !
Pour échanger, tisser des liens entre les divers secteurs en lutte, partager des propositions, préparer et réussir les actions futures, nous proposons d’organiser à Grenoble une rencontre inter luttes, inter professionnelle.
FORUM le SAMEDI 28 février 2009
de 13H30 à 19H à Grenoble
Salle Rouge, 10 bis rue Ampère
13H30 : Accueil – Café
14H : intervenants des secteurs en lutte
15H : 2 ateliers :
- Qu’est ce qui nous rassemble ? Quelles revendications pouvons
nous porter ensemble ? (dans un texte commun)
- Quelles actions ? Quelles initiatives ? (avant et après le 19 mars)
17H : Perspectives communes
18H : Apéro
Prochaine réunion de préparation : mercredi 25 février à 19H au Centre Social Chorier-Berriat à Grenoble (10, Rue Henri Le Chatelier à Grenoble)
Premiers signataires :
Coordination des Métiers des Arts et de la Culture, Coordination Education Populaire en
Danger, Collectif MARRE (Mobiliser pour une Autre Réforme de la Recherche et de
l’Enseignement), SNTRS CGT (CNRS), CGT Euriware, AC (Agir ensemble contre le
Chômage), (Solidaires) SUD PTT, SUD Rail, SUD Education,
Contact : convergencedesluttes@gmail.com
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